La lucidité contre la pensée positive

Enfin ! http://www.franceculture.fr/emission-les-racines-du-ciel-la-lucidite-avec-illios-kotsou-2015-01-25 🙂

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Distances philosophiques

En avril 2009, j’ai entendu Albert Jacquard évoquer l’impossibilité qu’il y a à mesurer la distance exacte entre deux lieux. Posé comme ça, ça paraît bizarre et pourtant…

Depuis que, au collège ou au lycée, j’ai appris les nombres à virgule, et leur infinité, je suis fascinée de penser que si entre 2 et 3 il y a une infinité de nombres, ça veut dire qu’entre 2 cm et 3 cm, dans un centimètre donc, il y a également l’infini… Il me semble que ça rejoint aussi un peu ce très beau texte de Blaise Pascal sur l’infiniment grand et l’infiniment petit, que j’ai eu la chance de devoir commenter à l’oral de français du bac en 1è. (Je ne suis pas ironique ! J’étais horriblement timide, et terriblement angoissée par cet oral, mais j’avais beaucoup aimé ce texte et tant qu’à devoir parler, je préférais que ce soit sur un texte qui me passionnait).

Donc, il est impossible de mesurer la distance exacte entre deux lieux. Eh oui ! Mettons entre Toulouse et Paris. Si vous êtes un oiseau, vous allez faire le trajet à vol d’oiseau, ça va aller assez droit a priori. Si vous y allez en voiture, vous allez prendre l’autoroute et ça reste assez direct mais un peu moins quand même, donc autre distance. Si vous y allez à pied, vous prendrez des petites routes, des chemins, ce sera un peu plus long (en mètres, pas seulement en heures !) Et imaginez maintenant que vous soyez une fourmi : quelle que soit la route empruntée, vous allez devoir escalader ou contourner chaque caillou, chaque gravier ! La distance sera rallongée d’autant.

Donc, il est impossible de mesurer la distance exacte entre deux lieux géographiques. Et, en plus, plus vous êtes petit et plus cette distance s’allonge, c’est injuste !

Bonne journée

P.S. on peut même pousser plus loin… Plus on descend vers le petit, plus la distance s’allonge. Et si on descend jusqu’à l’échelle de l’atome, on se rend compte qu’on est constitué essentiellement de vide. La distance Toulouse-Paris devient tout à fait virtuelle, mais nous aussi, au fond. C’est parce que les électrons tournent à toute vitesse autour du noyau des atomes, que la matière a un certain volume. La matière est donc pour beaucoup une illusion ? Je suppose qu’au zéro absolu, quand les électrons cessent de tourner, quasiment tout disparaît ? Oh la la…

Le bonheur

« Un homme qui sait se rendre heureux avec une simple illusion est infiniment plus malin que celui qui se désespère avec la réalité » (Alphonse Allais)

Euh… oui ?

Oui, sans doute, mais jusqu’à quel point ?

Il y aurait de quoi disserter pendant quelques heures, là, je ne sais plus faire.

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

Le ridicule ne tue pas

Il est 5 heures, Paris s’éveille. Dyeux aussi. Il-elle s’étire, ça fait du bien. Elle-il jette un coup d’oeil à sa boîte mail : quelles sont les premières prières du jour ? Tiens, là-bas sur Terre, une Française fatiguée lui envoie une curieuse supplication : « Mon Dieu, je vous en supplie, faites que le ridicule tue ! Merci« .

« Et pourquoi pas, se dit Dyeux ? Voyons, contre les épouvantards, Riddikulus fait merveille ; après tout, les humains sont des sortes d’épouvantards, essayons… RIDDIKULUS ! »

Là-bas, sur Terre, dans sa cuisine une quadragénaire s’effondre silencieusement tandis que sa galette de céréales matinale crame paisiblement dans la petite poêle en tôle noire. Les minettes finissent leurs croquettes et partent faire la sieste, elles n’ont rien remarqué. Dehors, c’est pourtant le grand chambardement, mais ça ne fait guère plus de bruit que d’habitude, à leurs oreilles de minettes.

La scierie voisine continue de couiner, elle ne se taira que quand le courant sera coupé : quand ? Sur l’autoroute, c’est plus chaud : camions et automobiles s’encastrent les uns dans les autres, d’autres quittent la route, des incendies éclatent… La même scène se produit sur toutes les routes et rues du monde, à travers villes et campagnes. Les avions tombent, les trains déraillent, se rentrent dedans, explosent, défoncent les gares terminus… Les incendies se propagent aux habitations, aux forêts, aux cultures… Seuls les bateaux continuent de voguer, s’abandonnant aux courant quand leurs réserves de fuel sont épuisées, avec pour seuls passagers les oiseaux de mer repus de la chair des cadavres. Sur tous les continents, les usines, incontrôlées, s’emballent, chauffent et explosent, ou tombent en panne.

Les humains sont tous morts, à l’exception des bébés qui hurlent, épouvantés. Mais leur calvaire ne durera pas. Rapidement, les centrales nucléaires s’emballent à leur tour, provoquant 440 accidents de type Tchernobyl à travers le monde. Par la grâce des courants aériens et de la répartition harmonieuse des réacteurs, la planète est maintenant entièrement irradiée…

« Merde, se dit Dyeux, j’ai dû faire une connerie… »

(le 17/7/8)