Démocratie ?

Encore du recyclage, un texte écrit en 2009 et qui n’a guère vieilli, lui non plus :

Je suis toujours étonnée que certain-e-s se posent la question de savoir si nous sommes encore en démocratie. L’avons-nous jamais été ? C’est quoi, la démocratie ?

On me dit que le simple fait que je puisse poser la question tout haut donne la réponse, avec exemples à l’appui (Birmanie ou autre). Alors, on peut m’enlever tous mes droits sauf celui de m’exprimer sans risquer la prison ou la mort, et cela suffit pour que je soies en démocratie ?

Donc, la France est une démocratie.

Une démocratie où la majorité des personnes majeures n’avaient pas le droit de vote jusqu’à la moitié du XXè siècle : en France, le droit de vote a été accordé aux femmes en 1944, longtemps après la Birmanie, la Russie, Cuba ou la Turquie…

Une démocratie où une catégorie d’adultes majeurs était légalement soumise au bon vouloir d’une autre catégorie : en France toujours, les femmes mariées ont été soumises au consentement de leur mari pour gérer leurs biens, ouvrir un compte en banque ou exercer une profession jusqu’en 1965 ! L’autorité parentale n’est enfin substituée à la puissance paternelle qu’en 1970 (je me souviens ma mère m’expliquant cette importante réforme).

Une démocratie où l’égalité des époux dans les régimes matrimoniaux et l’administration des biens de la famille date de 1985 seulement.

Une démocratie où l’existence du viol entre époux sans autre blessure ou violences n’a été enfin reconnue qu’en 1992… (Au fait, on parle des droits des femmes mais pas des droits des hommes : auraient-ils donc implicitement tous les droits ?)

La France est une démocratie, donc, qui rafle les enfants dans les écoles et leurs parents dans les administrations en 2008.

Une démocratie qui entend supprimer les juges d’instruction en 2009 et recenser les SDF (soit dit en passant, un tiers de ceux-ci sont des salariés…)

Une démocratie qui trouve normal de payer des vacances de luxe à son président, avec les impôts des contribuables, pendant que les personnes âgées meurent de chaud l’été, les SDF de froid l’hiver, et les détenus de misère morale toute l’année*.

Une démocratie qui nous fait payer toujours autant de taxes et d’impôts mais nous offre de moins en moins de services publics en échange : les activités de la poste, des transports sont presque totalement privatisées. L’enseignement public, la santé publique et la recherche publique sont gravement menacées (tout comme le droit de grève, soit dit en passant). Où passe l’argent de nos impôts ?

Une démocratie où l’argent des contribuables sert à financer de coûteuses recherches sur le nucléaire. Pourtant, la majorité des contribuables en question est contre le développement de cette industrie dangereuse et polluante, dont il est largement démontré qu’elle est une impasse. Les mêmes crédits, affectés au développement du bioclimatisme et à l’isolation correcte des bâtiments existants permettraient de réduire très drastiquement nos « besoins énergétiques » (un logement au label Minergie® n’a quasiment pas besoin de chauffage) tout en créant de nombreux emplois valorisants.

Une démocratie où l’argent du contribuable sert à financer l’industrie (agro)pharmaceutique par le biais de son agriculture : la responsabilité de l’agriculture »conventionnelle » ou même « raisonnée » dans l’augmentation des cas de cancers et de malformation congénitales est largement démontrée, alors que les mêmes crédits, alloués à l’agriculture bio ou intégrée ou durable, permettraient de nous nourrir sainement et agréablement.

Une démocratie qui tente d’imposer les OGM à ses citoyens dont la majorité n’en veut pas, à juste titre : les OGM ne résoudront ni les problèmes agricoles ni les problèmes de faim dans le monde. À ce propos, on entend certains s’apitoyer sur les agriculteurs dont les champs sont « dévastés » par les vilains « faucheurs » ;  et si ces personnes s’apitoyaient plutôt sur les paysans bio dont les récoltes sont déclassées car contaminées par les OGM de leurs voisins ?

Une démocratie où les allocations logement ne sont que des subventions déguisées pour les propriétaires de logements locatifs, où la Sécurité Sociale est un moyen détourné de subventionner l’industrie pharmaceutique (tiens, encore elle !) ? Et où les financements publics sont largement détournés à tous les échelons des collectivités par des entreprises faisant payer le prix forts leurs prestations, avec la complicité des élus (allons-y, c’est le contribuable qui paye ! avez-vous déjà regardé de près combien coûtent les équipements et travaux divers financés par votre mairie ? c’est surprenant).

Une démocratie où les élus ne représentent qu’eux-mêmes depuis belle heurette. Le pire, c’est qu’ils sont (auto)proclamés « dirigeants » (avec la complicité de journalistes serviles qui semblent se gargariser de ce mot) alors qu’ils ne sont, selon moi (qui ne suis pas juriste) « que » nos représentants. Je trouve particulièrement insupportable s’entendre tel ministres ou tel président dire « j’ai décidé que« . Au nom de qui, de quoi, décident-ils pour nous, avec notre argent de contribuable, des choses avec lesquelles nous sommes majoritairement en désaccord ? Au nom de lois injustes, votées par et pour eux ? Et, tant que les abstentions et les votes blancs ne seront pas pris en compte, fastoche !

Jusqu’où devra aller notre « démocratie » pour que les bien-pensants se réveillent enfin ?

(11/01/2009)

* en fait, je sais maintenant qu’il meurt plus de SDF en été qu’en hiver, mais de ceux-là on ne parle même pas 😦

Construction écologique ?

Voilà une photo que je n’ai pas pu m’empêcher de faire et surtout de partager.

maison écologique ?Cette maison en brique cuite industrielle, avec son énorme tas de terre issu des fondations et qui sera considéré comme « déchet du bâtiment » (de l’excellente terre agricole, ô désespoir, un déchet !) illustre parfaitement bien l’aberration de notre monde moderne.

Avec cet énorme tas de terre, et la paille d’un hectare de blé cultivé dans le champ d’à côté, il était possible de faire la même maison, moins coûteuse en énergie (pas de cuisson, pas de transport), stockant du CO2 dans la paille et dans le bois qui aurait servi à faire l’ossature, naturellement isolée, respirante, jolie, agréable à vivre et j’en oublie sans doute. Une comme celle-ci par exemple.

maison écologique !

Mais voilà… Pour le moment, l’éco-construction, qui est pourtant une des grandes solutions aux problèmes énergétiques, aux problèmes de logement et aux problèmes d’emploi, demeure encore trop méconnue, trop difficile à mettre en oeuvre pour des néophytes, et elle est en train d’être récupérée par l’industrie qui tente de nous convaincre que le béton, voire le PVC, sont des matériaux écologiques. Ça me rend malade !

Mais bon, il y a heureusement des personnes qui continuent inlassablement de prêcher dans le désert, même si par moments ils s’usent un peu…

Pour en savoir plus, allez donc voir un peu par , ça vaut la peine.

Bordeaux, années 80

Quand j’avais une vingtaine d’années, vers 1982-1985, je vivais à Bordeaux dans une rue située entre la caserne des pompiers et la place Gambetta, un des coeurs de la ville. Cette rue bordait le dernier pâté de maisons restant de l’ancien quartier Mériadeck.

Cet ancien quartier mal famé avait été rasé, sa population expédiée en périphérie de la ville et, à la place, on avait construit un immense centre commercial moderne et des bureaux, de grands immeubles en béton et verre étincelants au milieu des vieilles et basses bâtisses en pierre blanche noircies par la pollution et les vapeurs de vin.

Cette rue étroite était une des plus passantes de la ville et les encombrements débutaient dès 15 h ; quand un camion de pompiers tentait de franchir en fin de journée ce goulot, c’était un vrai plaisir, la sirène bloquée sous la fenêtre pendant de longues minutes, chaque jour…

Nous vivions un de ces petits immeubles anciens de quatre étages, avec un seul appartement à chaque étage, les toilettes de chacun dans l’escalier à mi-palier et une boutique au rez-de-chaussée. Là, c’était une épicerie tenue par une femme divorcée qui me paraissait mûre, sans doute n’était-elle pas plus vieille que je ne le suis maintenant. Elle vivait au 1er étage, juste au-dessus de sa boutique. L’arrière-boutique occupait toute l’ancienne cour intérieure. La nuit, les rats cavalaient sur la toiture vitrée de cette arrière-boutique et l’épicière se battait contre eux depuis sa fenêtre (Bordeaux étant un port, grouillait de rats. La nuit, on les voyait fréquemment se glisser dans les caniveaux, le long des voitures stationnées). Quand elle ne travaillait pas à sa boutique, l’épicière écoutait toute la journée « Femme libérée » en boucle.

Au 2ème étage, vivait une femme asiatique, mère de deux ou trois garçons d’âge scolaire. La journée, ils n’étaient pas là (et visiblement n’avaient pas le droit de rentrer trop tôt) et elle se mettait à son balcon. Les hommes qui montaient chez elle semblaient être des habitués. L’un d’entre eux était particulièrement fidèle, un petit gringalet en survêtement de sport (rien à voir avec les jogging de maintenant !) qui rôdait sur le trottoir d’en face jusqu’à ce qu’elle lui fasse signe de monter. Elle vivait avec un homme qui semblait plus âgé qu’elle, un grand type costaud, à qui certains soirs elle faisait des scènes en l’accusant de la tromper.

Au 3ème étage, c’était nous, le jeune couple, lui employé et elle étudiante, plutôt sages et tranquilles… Nous partions chaque matin en vélo, quel que soit le temps, pour faire nos 7-8 km de trajet en slalom entre les voitures et les bus. Nous avions pour tout chauffage une antique chaudière à charbon et de vieux radiateurs en fonte, la soute était située à côté des toilettes, sur le demi-palier. Durant ces hivers-là, nous avions de la gelée sur les vitres, à l’intérieur… L’appartement avait une curieuse forme triangulaire, avec la plus grande façade au nord côté rue, le soleil ne pénétrait que quelques minutes par jour dans la chambre, côté cour.

Au dernier étage, il y avait un appartement déserté mais plein des affaires du dernier des locataires. Un jour, le froid d’un de ces hivers très rudes que nous avions passés là-bas avait fait éclater les tuyauteries dans ce logement. Curieusement, l’eau montait en haut de l’immeuble avant d’être redistribuée dans chaque appartement et c’est bien sûr dans celui du haut qu’un tuyau avait éclaté. Ainsi, après avoir été privés d’eau, nous avons été inondés au moment du dégel.

La nuit, sur le trottoir d’en face une jolie femme se postait sur le pas de sa porte, vêtue de longues bottes, de grandes chaussettes multicolores, un mini-short (ou était-ce une très mini-jupe ?), un blouson… L’uniforme de la prostituée type de l’époque. La journée, elle faisait ses courses dans le quartier vêtue de fraîches robes fleuries, on aurait dit une pure jeune fille.

Non loin de là, dans une ruelle, se trouvait une petite épicerie vieillotte, tenue par un couple hors d’âge : des étagères sans fioritures, recouvertes d’un bric-à-brac de boîtes de conserve et de cartons contenant tout ce qui est nécessaire sans le superflu. J’y allais parfois pour le plaisir de replonger dans cette ambiance : on se serait cru dans une boutique de campagne. Un-e client-e fidèle de cette épicerie était un-e travesti-e : une femme trop grande, fardée, à la voix un peu trop grave, aux mains et aux pieds immenses ; mais infiniment plus coquette et féminine que je ne l’ai jamais été. Je trouvais merveilleux le contraste entre ce-tte travesti-e et ce vieux couple d’épiciers qui semblait échappés d’une échoppe de village.

Notre logement était régulièrement envahi de cafards. De gros cafards noirs qui couraient partout, y compris sur nous dans le lit la nuit. Parfois, nous en trouvions en train de grignoter le pain laissé sur la table : comment avaient-ils pu y accéder ? Quand nous avons fini par trouver un insecticide vraiment efficace, nous avons ramassé des petits cafards morts par dizaines chaque matin dans le bac à douche.

Notre sonnette ne fonctionnait pas et nous n’avions pas le téléphone, ce qui était fréquent à l’époque pour des jeunes un peu fauchés. Quand des copains venaient nous voir impromptu, ils devaient hurler et siffler pour tenter de se faire entendre du 3ème étage par-dessus le bruit de la circulation, ou attendre que quelqu’un ayant la clef passe par là, ou espérer que la porte ne soit pas fermée, ce qui arrivait souvent, en particulier la journée, pour les clients de la voisine du 2ème… Quand la porte était fermée, elle n’était pas contente, et quand la porte était ouverte, c’est l’épicière qui n’était pas contente.

En écrivant ces quelques lignes, tout cela me paraît bien exotique maintenant. Le téléphone portable n’existait pas, les ordinateurs étaient réservés aux passionnés ou aux universitaires spécialisés et on leur causait en basic, les enfants jouaient encore sans doute au ballon, à la marelle ou à la corde à sauter…

(le 28 mars 2008)

Une Organisation Mondiale pour l’Environnement ?

À l’instant, j’entends qu’on évoque la possibilité de ressortir des cartons le projet qu’avait envisagé Jacques Chirac, alors président français, d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. J’en profite pour ressortir de mes propres cartons cette lettre ouverte, je crains qu’elle n’ait pas pris une ride… La catastrophe écologique a de beaux jours devant elle. 😦

En France, octobre 2006

 Monsieur le Président,

Le 1er septembre 2006, vous avez déclaré[1] devant l’Assemblée générale de l’Organisation des  Nations Unies : « Sachons dépasser les égoïsmes, les dogmatismes, donner sa chance à l’idée généreuse d’un monde rassemblé pour le progrès de l’humanité.

Enfin chacun sait qu’une activité humaine non maîtrisée est en train de provoquer une sorte de lent suicide collectif. Seul le rassemblement des nations autour d’engagements consentis en commun permettra de prévenir un véritable désastre. Créons l’Organisation des Nations unies pour l’environnement, conscience écologique du monde, et ayant les moyens d’assumer cette responsabilité, lieu privilégié de notre action commune pour les générations futures. La France accueillera l’année prochaine, dans une conférence internationale, toutes celles et tous ceux qui veulent faire progresser ce projet capital pour l’avenir de la planète. »

Monsieur le Président, il existe déjà de par le monde des millions de personnes, particuliers, scientifiques et militants associatifs, qui oeuvrent chaque jour ensemble en dépassant les égoïsmes, parfois au péril de leur vie, pour un vrai progrès de l’humanité. Mais ces personnes-là voient chaque jour leurs efforts réduits à néant par l’égoïsme des entreprises industrielles et le dogmatisme de « responsables » et de politiques de tous bords.

Dans le monde entier, les peuples expriment leur rejet des OGM, qui ne leur apportent aucun progrès réel et dont ils subiront les conséquences néfastes. Pourtant, en France, le dogmatisme et l’égoïsme des semenciers qui détiennent les brevets de ces OGM sont soutenus par l’État, par des subventions massives, par des lois perverses, et même par le recours aux forces armées, financées par les deniers des contribuables.

L’agriculture biologique et les diverses formes d’agriculture durable sont menacées dans leur existence même par les OGM. Elles sont menacées aussi par les lois sur le commerce des semences qui dénient au paysan la liberté fondamentale de choisir sa semence et de semer le grain récolté, geste dans lequel on ne voit pourtant ni dogmatisme ni égoïsme.

Cette agriculture écologique, qui nous permettra peut-être d’échapper au désastre dont vous parlez, est depuis peu soumise à la scandaleuse Loi d’Orientation Agricole de février 2006 qui, en violation flagrante de l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’Homme, interdit de recommander l’emploi de produits sains et naturels comme les extraits végétaux dans la lutte contre les maladies et ravageurs agricoles. Enfin, les fermes où se pratique cette agriculture, et les structures associatives où elle s’élabore, sont privées du soutien et de la reconnaissance dont elles ont besoin pour développer ces vraies alternatives à une agriculture industrielle dont la nocivité pour la santé et l’environnement est prouvée.

La France s’est engagée à diminuer la quantité d’intrants consommés par son agriculture, qui est une des plus polluantes de la planète, mais l’égoïsme des industries des agrofournitures et le dogmatisme des techniciens et des bureaucrates l’en empêchent, avec la complicité des politiques, et on se demande en quoi la création d’une ONUE va changer les choses.

Monsieur le Président, en France comme partout dans le monde, les peuples expriment leur refus du nucléaire, qu’il soit civil ou militaire, et pourtant, en France, pays dont vous êtes le Président, 58 réacteurs nucléaires, sensibles à de simples événements climatiques, sécheresse,  gel ou  inondations, exposés aux éventuels attentats terroristes et à la merci de la première action militaire, voient leur durée de vie prolongée arbitrairement par l’égoïsme et le dogmatisme d’EDF, faisant courir aux Français – mais aussi à leurs voisins européens – de graves périls. Et l’égoïsme et le dogmatisme des tenants du nucléaire, minoritaires dans un pays qui se veut démocratique, pousse notre gouvernement, votre gouvernement, à imposer la construction de l’EPR dont la majorité des Français ne veut pas. La création d’une ONUE va-t-elle enfin obliger les politiques français à respecter la volonté du peuple français ?

Monsieur le Président, nous étouffons sous les déchets. Des particuliers, des scientifiques et des associations ont montré les atteintes que les incinérateurs causent à la santé et à l’environnement, ils insistent sur la nécessité qu’il y a à réduire la production de déchets à la source, par exemple en limitant drastiquement les suremballages inutiles, en remettant au goût du jour la consigne comme le font d’autres pays européens, en pratiquant le tri et le compostage systématique de toutes les matières organiques, au plus près de leur source. Des solutions simples et efficaces existent mais les égoïsmes et dogmatismes des industriels qui fabriquent les « produits » et de ceux – les mêmes – qui traitent les déchets empêchent qu’elles soient appliquées en France alors qu’elles le sont chez nos voisins. La création d’une ONUE va-t-elle obliger la France à faire preuve d’un peu de bon sens ?

Monsieur le Président, une part du changement climatique est liée aux modes de chauffage et de climatisation utilisés pour rendre supportables nos logements et locaux professionnels, bâtis ou rénovés sans souci de leur environnement climatique. Des solutions simples de conception et de rénovation bioclimatiques existent, qui permettent de rendre un bâtiment à la fois économe, confortable et sain. Elles ne peuvent actuellement être mises en oeuvre que par des personnes particulièrement motivées car l’égoïsme des industriels des matériaux de construction et le dogmatisme des énergéticiens et concepteurs en bâtiment leur barrent la route, particulièrement en France. Est-il besoin de créer une structure internationale pour rendre aux peuples le droit de construire avec des matériaux locaux, naturels et sains, avec des savoirfaire ancestraux modernisés, qui ont fait la preuve de leur efficacité ? Ne suffit-il pas de donner les moyens aux architectes, artisans, associations et particuliers de concevoir, rénover et construire des bâtiments selon ces principes connus, éprouvés, modernisés ? La création d’une ONUE est-elle nécessaire pour que se développent enfin des solutions constructives expérimentées avec succès partout sur la Terre et vers lesquelles se tournent nos voisins européens ?

Monsieur le Président, les transports sont actuellement un des plus grands pourvoyeurs de gaz à effet de serre. La France possédait un magnifique réseau ferroviaire qui a été démantelé, sans aucune concertation avec ses usagers, au profit d’un développement anarchique et indéfini du « tout routier », en particulier des autoroutes. Une part des transports concerne des objets dont la production pourrait parfaitement être relocalisée, si l’égoïsme des industriels et le dogmatisme des économistes ne les poussaient pas à produire toujours plus loin pour toujours moins cher, au grand dam des travailleurs de nos pays et de ceux qui sont exploités ailleurs. Une autre part des transports concerne les déplacements personnels qui pourraient parfaitement s’effectuer en commun si des structures efficaces étaient vraiment développées. Là aussi, des particuliers et des associations proposent des solutions, ils sont pourtant rarement écoutés, le seront-ils davantage au sein d’une ONUE ?

Monsieur le Président, la conscience écologique est là. Ce sont les politiques – représentants du peuple insidieusement autoproclamés décideurs – qui, par leur égoïsme et leur dogmatisme, empêchent que de vraies mesures réellement efficaces soient mises en oeuvre pour empêcher ce lent suicide – ou faudrait-il dire meurtre ? – collectif. La France a, comme d’autres pays, pris des engagements dans le cadre du protocole de Kyoto, elle ne les respecte même pas.

Commençons par là plutôt que de créer une énième structure internationale. Il n’est plus temps de discourir, il est temps d’agir. La maison brûle et vous regardez ailleurs !

Au fait, monsieur le Président, pourquoi créer une ONUE puisqu’elle existe déjà et se nomme PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) ?

Recevez, monsieur le Président, l’assurance de nos sentiments les plus citoyens.