À lire « Le privilège masculin »

Un peu long à lire, mais très bien, parce qu’écrit en se plaçant du point de vue des privilèges masculins et non pas des violences subies par les femmes.

https://blogs.mediapart.fr/segolene-roy/blog/041217/le-privilege-masculin-0?utm_source=facebook&utm_medium=social&utm_campaign=Sharing&xtor=CS3-66

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Vos gueules, les mecs

En cette journée des Droits des Femmes, cet article m’a paru très bien expliquer la situation et je me permets de le citer tel que :

Messieurs, voilà comment vous pouvez vous rendre utiles ce 8 mars

Une fois dans l’année, ça se tente…

Il semblerait que le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, soit devenue une affaire d’hommes. Ces messieurs sont, en effet, appelés à témoigner de façon tapageuse et photogénique leur solidarité à l’endroit des femmes. Qui en se collant du rouge à lèvres sur les lippes pour sensibiliser la population à la question des violences faites aux femmes. Qui en offrant un repose-cuillère, une corbeille de fruits ou un reblochon fermier (???) parce que «si cette journée a vocation à défendre leurs droits, à promouvoir l’égalité entre les sexes, c’est aussi l’occasion de saluer ces femmes de l’ombre ou du quotidien qui assument pleinement des rôles aussi variés que ceux de femme, mère, amante, travailleuse…». Qui en posant avec une poule sous le bras.

Vous serez peut-être tenté d’inscrire gratuitement votre dulcinée pour qu’elle puisse «se faire dorloter et se transformer en femme fatale des années 1940» grâce aux bons conseils d’un certain Monsieur Vintage. Moins onéreux encore, vous songez à monter sur scène pour présenter un spectacle entierement constitué de blagues sur les soldes, les belle-mères, et vous poser en «défenseur de la gent féminine» à moindre frais ? Ou à enfiler une paire de chaussures à talons pour dire non au sexisme (et si en plus, ça fait rigoler les copains) ?

Profitez-en

Si ces façons d’exprimer votre soutien vous semblent manquer de panache, et si vous tenez tant à participer à cette gigantesque mascarade qu’est devenu le 8 mars, je vous recommande fortement d’appliquer le conseil suivant.

Vous êtes prêt ?

Alors, messieurs,

le 8 mars,

NE FAITES RIEN.

TAISEZ-VOUS.

ON JOUE AU ROI DU SILENCE. Le premier qui l’ouvre a perdu.

FAITES-VOUS TOUT PETITS

NON, JE VOUS VOIS ENCORE MONSIEUR. DÉCALEZ-VOUS ENCORE UN PETIT PEU POUR SORTIR DU CADRE DE LA PHOTO.

Non, on vous jure. N’insistez pas. On n’a pas besoin de roses, de sachets de chouquettes au bureau ou que vous nous nous teniez la porte parce que «profitez-en, c’est la journée de la femme». Reposez-tout de suite ce bon de commande Interflora avant de commettre l’irréparable. Et surtout, SURTOUT, ne donnez pas votre avis sur l’égalité hommes-femmes, le viol, les violences domestiques, les inégalités de salaire, le sexisme, le machisme, la misogynie, la parité… Et ne songez même pas à enfiler votre cape «superpro-fem» en ouvrant grand la bouche pour gober des cookies.

Le plus insupportable

Pourquoi ? Et bien parce que le 8 mars représente une journée sur 365 (24 heures sur 8.760) et est censée mettre en avant la question des droits des femmes, les solutions idoines à y apporter et offrir une caisse de résonance aux revendications féministes. Lesquelles féministes n’ont pas attendu l’ONU pour réclamer de véritable mesures pour qu’enfin, l’objectif visant à atteindre la parfaite égalité hommes-femmes soit assorti de mesures concrètes. Mais ce qui est franchement insupportable, et somme toute révélateur, c’est que même ce jour-là, il se trouve encore des hommes pour vouloir escamoter la parole et la présence des femmes en donnant leur petit avis éclairé, voire pour se poser en parangon de la lutte pour l’égalité.

Comme si les hommes ne pouvaient souffrir, l’espace d’une seule journée, de ne pouvoir s’exprimer et d’occuper un poil moins l’espace. Comme si, surtout, tout le reste de l’année, les hommes n’étaient pas omniprésents, constamment invités à s’exprimer et à dominer le processus médiatique, politique, et économique.

Rappelons-le:

Les femmes ne représentent que 14,2% des représentations en une des journaux, que 12,5% des chroniques et des éditos, 17% des tribunes, et les titres de presse ne leur consacrent que 15,5 % des interviews.

Il n’y a guère plus de parité sur les plateaux télé: selon le baromètre 2015 du CSA, les femmes représentent ne 37% seulement des personnes apparaissant à la télévision.

Et quand elles sont physiquement présentes, il arrive que les hommes parviennent à oublier leur existence. (coucou arnaud Montebourg)

Si ces dernières se risquent à prendre la parole, elles seront systématiquement interrompues par les hommes. Quand une femme journaliste tentera, à la radio, d’expliquer ce qu’est le manterrupting à des hommes, elle sera elle-même interrompue pendant de longues minutes.

Au parlement français, seules 27% des députés et et 25% des sénateurs sont des femmes. Être une femme et prendre la parole face à ces messieurs peut exposer à des cris de poules et des commentaires sur la robe de cette derniere. Vous verrez également votre nom de famille disparaître comme par enchantement.

Attendez-vous à vous faire traiter de pute

Les conseils d’administration des du CAC 40, ne comptent que 30% de femmes, et les conseils exécutifs restent à 90% masculins.

Quand les femmes prennent la parole pour dénoncer un procédé sexiste, elles devront affronter la chouine d’homme qui hurlent à la misandrie.

Vous rédigez un article à propos des poches des hommes plus grandes que celle des femmes ? Attendez-vous à vous faire traiter de pute.

Nom de Dieu : le simple fait d’être une femme et de prendre le métro vous conduira à vous faire toute petite pour que ces messiers puissent étaler leur parties génitales.

On pourrait continuer longtemps à égrener chiffres, statistiques et événements qui prouvent de façon implacable que les femmes sont invisibilisées, et leur parole confisquée toute l’année. Et ce n’est pas en organisant un lacher de lanternes flottantes, ni en tendant des micros aux hommes à l’occasion de la SEULE  journée de l’année officiellement dédiée à la lutte pour l’égalité et les droits des femmes, que l’équilibre sera établi.

Alors, messieurs. Chut.

Nadia Daam

Merci, Nadia Daam, tout est dit, je crois. Je suppose que ça ne changera rien car, comme on dit, il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre et, au jeu de la surdité sélective, les mecs sont très forts, mais bon… Ça m’a fait du bien de le lire, c’est toujours ça de pris.

Se complaire dans la souffrance, vraiment ?!

Je suis en colère, parce que récemment MdK a sorti un livre sur les surdoués et qu’elle a le culot de prétendre que certaines personnes « se complaisent dans la souffrance ». Je suis déçue et furieuse : comment elle, peut-elle prétendre une bêtise pareille ? En réalité, cette affirmation n’est que l’aveu d’impuissance d’une personnes qui a atteint son niveau d’incompétence (tout le monde a un niveau d’incompétence, faut-il le rappeler ?) Tout comme les médecins qui vous disent que « c’est dans la tête » parce qu’ils ne savent pas expliquer le problème de santé de leur patient. Un habitant de mon village en est mort, de ce genre de certitude si confortable (ce n’était pas dans la tête, c’était dans le ventre alors qu’ils examinaient en vain son coeur…) Il est tellement plus facile de culpabiliser la victime/le malade que de reconnaître son incompétence et son impuissance ! Le déni est une arme terrible, entre certaines mains. Prétend-on des cancéreux qu’ils se complaisent dans leur maladie ? Reproche-t-on aux diabétiques de ne pas pouvoir faire baisser leur taux de sucre sanguin simplement avec leur volonté ?

Personne ne se complaît dans la souffrance, absolument personne. Mais parfois, quand on vit dans la maltraitance depuis si longtemps (probablement même qu’on y vit depuis toujours, comment sortir de la seule situation qu’on connaisse, de celle avec laquelle on s’est construites ?) elle nous anesthésie et tenter d’en sortir peut s’avérer encore plus douloureux que d’y rester. Ce mécanisme diabolique est très bien expliqué ici. Quand on sort de l’emprise de la situation de maltraitance, on est assailli de souvenirs, d’émotions et en particulier honte et culpabilité, de voix qui nous reprochent tout ce qu’on fait ou ne fait pas… C’est juste insupportable.

Soit dit en passant, ce qui serait intéressant, c’est qu’on se penche non seulement sur le problème des femmes qui restent sous l’emprise d’hommes maltraitants, mais aussi sur le problème de ces hommes qui restent sous l’emprise de leur propre violence. Pourquoi est-il si difficile de voir qu’il y a réellement un problème de violence masculine, qu’elle n’est pas acceptable (est-elle normale ? on finirait par le croire !) et que c’est à la racine de ce problème qu’il faudrait s’attaquer. Il me semble que ce sont finalement les mêmes causes qui poussent des hommes à être violents et des femmes à rester avec eux : s’anesthésier émotionnellement pour souffrir moins.

Je suis en train de vivre une situation, qui illustre en partie, je crois, ce problème. Quand je bouquine ou que je suis à l’ordi à faire des choses qui m’occupent la tête, j’oublie ma souffrance, même si au final ce n’est guère gratifiant parce que sans réel autre but que me sentir moins mal. Comme l’alcoolique picole, le joueur joue ou le « workoolic » se submerge de travail. Ça me nourrit d’une certaine manière (apprendre des choses intéressantes, ou me sentir bien d’avoir identifié une nouvelle bestiole ou trouvé un nouvel ancêtre, par exemple). Mais globalement, ça me donne l’impression de passer mon temps à simplement me cramponner pour tenir le coup, je vois bien que je ne fais pas un tas de choses que je voudrais faire et que j’aurais le temps de faire si je passais moins de temps devant cet écran ou ce livre. C’est simplement la façon la plus supportable pour moi d’arriver à juste tenir le coup : une petite vie solitaire coupée autant que possible de la vie humaine normale, avec aussi peu de vagues que possible. Tout le reste m’épuise et me plonge dans des remous douloureux.

Dès que j’essaie de faire des choses plus concrètes, celles dont j’ai envie ou dont le but m’intéresse, ça devient extrêmement douloureux et me paralyse, alors même que je voudrais faire ces choses, ou que je voudrais qu’elles soient faites. Agir me ramène sans cesse à tout ce que j’ai fait de travers, ou ce que j’ai raté, ou aux mauvais choix (et en étant dyspraxique, les ratages ne manquent pas…) ou simplement aux choix (on ne peut pas tout faire, il faut choisir et simplement admettre de n’avoir pas fait ci ou ça parce qu’on a fait autre chose). D’une part ça me ramène à tous ces souvenirs déplaisants, d’autre part il y a dans ma tête cette voix qui ne cesse de critiquer mes choix, et ce que je fais et comment je le fais etc. C’est épuisant et démoralisant et douloureux. Certes, quand je réussis qqchose, je suis super contente, c’est gratifiant et ça me « nourrit ». Mais c’est beaucoup trop aléatoire, il y a pour moi une sorte de prise de risque démesurée parce que le coût émotionnel ou psychique est énorme, pour un résultat incertain.

Par exemple, mon jardin : ça me plaît de jardiner et les personnes qui viennent voir mon lopin le trouvent merveilleux. Et moi aussi, je le trouve merveilleux. Mais en même temps, je ne cesse de voir tout ce qu’il faudrait faire et que je n’arrive pas à faire alors que je pourrais, je tourne en rond parce que je ne sais pas par quoi commencer et dès que je décide de faire un truc, je suis assaillie par cette sale voix qui me reproche de ne pas faire le reste. En plus, les résultats sont décevants (légumes minuscules, en quantités insuffisantes, la terre lourde, les dégâts des limaces, lapins, campagnols…) Pourtant, c’est vraiment une activité que j’aime et quand je mange un repas de mes légumes, ou que j’orne ma table avec un bouquet de mes fleurs, je suis super contente.

Là, je suis dans mon chantier cabane : j’ai (évidemment !) mal choisi l’emplacement de ma cabane il y a cinq ans, elle est sur une source intermittente (elle se remplit d’eau quand il pleut trop longtemps, le sol est gadouilleux une partie de l’année et la base des planches est toute pourrie). J’ai donc décidé de la déconstruire et de la reconstruire plus loin, avec l’aide d’un copain qui aime construire des cabanes (et a, d’ailleurs, construit en grande partie celle-ci) et de qqs autres en main d’oeuvre. J’ai défriché le nouvel emplacement, commencé à vider la cabane et ses alentours (ça dure depuis des semaines ! alors que n’importe qui aurait plié ça en une demi-journée…) et on commence le chantier samedi prochain. Je suis complètement déprimée, plombée, par ce projet. Parce que je suis incapable de faire ça seule alors que techniquement, je pourrais. Parce que tout me prend un temps fou. Parce je doute de tout. Parce que je culpabilise d’avoir mal choisi l’endroit de la première et peur d’avoir mal choisi le second emplacement et de ne pas m’en rendre compte. Je culpabilise de devoir faire appel aux autres. Et le jour J. je sais que je serai comme une poule devant un couteau. Et comme on n’aura pas le temps de tout faire, je vais me retrouver avec un chantier en cours, que je devrais théoriquement savoir terminer (clouer des planches, je sais faire) mais qu’il me faudra des semaines pour mener à bien, pour diverses raisons (fatigue, manque de motivation, autre chose de + gratifiant à faire que clouer des planches…) Je suis assaillie d’émotions et d’idées noires extrêmement difficiles à supporter.

Qu’on ne vienne pas me dire que je rumine ou que je n’ai qu’à penser à autre chose. Si je le pouvais, je le ferais. Je suis assaillie par ces émotions et ces voix. Elles s’imposent à moi, comme la maladie s’impose au malade, ni plus ni moins. Alors oui, je souffre moins en restant devant mon écran ou derrière mon livre, à reporter sine die mes rares projets. Autrefois, je me suis bercée de rêves irréalisables, je n’y arrive plus, et cela me manque. La lucidité a un coût terrible.

Se complaire dans la souffrance, vraiment ! Que cette merveilleuse spécialiste des surdoués s’informe un peu, qu’elle lise « Le soi hanté », qu’elle sorte un peu de son petit confort (on se demande vraiment qui se complait dans sa situation !) et elle verra la réalité dans son horreur : il est des souffrances indicibles, il est des souffrances dont on ne guérit peut-être jamais, en grande partie par manque de professionnels compétents, à cause de ce déni généralisé. Des souffrances qui ne peuvent qu’être aggravées par les propos culpabilisants de ce type (cette expression est vraiment un « pousse au suicide »). Des souffrances qui seraient parfaitement évitables parce que la maltraitance n’est pas une fatalité, c’est un fait social.

J’ai été migrante (suite)

Je voulais ajouter que la situation des Russes de l’époque était assez proche de celle des Syriens actuellement, sinon qu’ils avaient la peau claire et étaient chrétiens. Mais à l’époque, il y avait de nombreux attentats perpétrés par des anarchistes russes et Henri Troyat (né Lev Tarassov à Tiflis (Tbilissi) en 1911, comme mon grand-père) raconte bien dans « Un si long chemin » la méfiance hostile à laquelle les Russes émigrés ont dû faire face. Et, tout comme les Syriens aujourd’hui, ils espéraient bien rentrer chez eux dès que possible. Ils ont gardé cet espoir jusqu’en 1945, soit près de trente ans ! Trente ans de provisoire, trente ans avec les valises conservées précieusement dans un coin de l’appartement pour pouvoir repartir. Mais, bien sûr, ils ne sont jamais rentrés chez eux.

Comme tous les émigrés qui arrivent maintenant, ils ont dû tout quitter pour sauver leur peau : famille, amis, biens, métier, statut social… Il ne doit pas être facile à vivre de passer de sénateur ou gouverneur à garçon de bureau ou comptable dans une épicerie, en plus de la douleur d’avoir perdu ses proches, et son pays bien-aimé.

L’exil est une chose terrible et il faut être un pauvre imbécile sans imagination jamais sorti de chez lui pour croire que toutes ces personnes qui fuient leur pays le font de gaieté de coeur. Cela demande un immense courage et comment ce courage est-il récompensé ? Par des difficultés sans nom créées par des crétins limités, comme si d’avoir tout perdu ne suffisait pas.

J’ai été migrant-e

Je n’ai pas de compte touiteur, mais je veux dire que moi aussi, je suis issue de l’immigration : mes arrières-grands-parents maternels ont fui la Révolution russe, avec mes grands-parents enfants, ils ont traversé l’Europe dévastée par la Première Guerre Mondiale et la grippe espagnole, jusqu’à finalement arriver en France au bout d’années d’errance, de pays en pays. Ma mère est née apatride et mes arrière-grands parents sont morts apatrides.

On ne sait pas exactement combien de Russes ont ainsi quitté leur mère patrie, certains parlent de 2 millions dont près d’un quart ont été accueillis en France. C’est énorme !

Je suis bouleversée par ce qu’il se passe en ce moment et par l’inertie des politiques. Espèrent-ils que ce problème va se dissoudre de lui-même ?

Dyspraxie et haut potentiel (témoignage 3ème partie)

Ça semble hallucinant, mais un des tests l’a bien mis en évidence, mon cerveau est incapable de planifier une opération en cinq étapes simples. Et incapable de prendre conscience du dysfonctionnement, ce qui le rend incapable d’apprendre à faire mieux. En fait, pour des opérations de cinq étapes ou plus, ne pouvant pas planifier, j’avance un peu au hasard, par essais-erreurs, mais la fois suivante je ne me souviens plus laquelle de mes tentatives a réussi et je dois tout recommencer. Je me souviens parfois de ce que j’ai essayé, mais pas si ça a finalement réussi ou pas. C’est vraiment dingue comme truc. Normal que je sois épuisée, à dysfonctionner comme ça depuis si longtemps (tout en essayant de faire semblant que tout va bien, et en tentant de masquer ma maladresse ou ma « bêtise » et en refoulant l’immense détresse dans laquelle tout cela me plonge).

Je viens d’écouter une émission sur FrQ, le témoignage d’une mère de dyspraxique sur le parcours du combattant d’elle et son fils. Ça me bouleverse à un point que je n’imaginais pas, comme si on me parlait de moi alors que je ne me souviens pas avoir subi un tel niveau de maltraitance. Les enseignants sont des êtres binaires, pour la plupart, persuadés qu’un-e élève qui a de bonnes notes est un-e enfant qui travaille, un-e élève qui a de mauvaises notes est un-e enfant qui ne fiche rien. Il se trouve que pendant l’essentiel de ma scolarité, j’étais en tête de classe tout en ne fichant strictement rien, tandis que ma soeur cadette, qui travaillait comme une bagnarde, n’avait que des résultats pitoyables. Elle est vraisemblablement dyslexique, mais ça n’a jamais été diagnostiqué. Comme je crois l’avoir écrit précédemment, j’ai eu la chance d’échapper à la méthode globale, et d’avoir du temps pour apprendre à écrire. J’avais la chance, grâce à mes capacités en verbal et à ma mémoire, de réussir sans travail mais pas forcément sans efforts. Ça m’a évité la maltraitance qu’on fait trop souvent subir aux « mauvais élèves » mais ne m’a pas évité le désarroi, le refoulement et des efforts démesurés pour faire semblant d’être « normale ».

Actuellement, mon problème est la non-reconnaissance par les « professionnels » du handicap que représente ma dyspraxie. Ce n’est pas parce que mes résultats aux tests que je réussis le moins bien sont dans la « norme » que je ne suis pas en souffrance. D’une part parce que ma norme n’est pas celle des gens « normaux », à l’intelligence moyenne, mais celle des surdoués. En apparence, je fonctionne « normalement », à une vitesse honorable et tout ça, mais qui se rend compte des efforts démesurés que cela me demande ? La différence entre moi et le gamin de l’émission de FrQ, c’est que mes efforts sont généralement couronnés de succès alors que les siens ne le sont pas. Évidemment, ça semble bien. Sauf que du coup, comme je finis par y arriver, à faire comme tout le monde, je fais. Mais au prix d’efforts démesurés dont personne ne se rend compte et qui m’épuisent. Sans compter l’angoisse de ne pas y arriver, l’angoisse de ne pas savoir d’avance si je vais y arriver facilement ou pas etc.

Je ne parviens pas à me sentir crédible, quand je parle de tout ça, je ressens la même impuissance que cette mère quand elle explique que son fils ne PEUT PAS faire plusieurs choses en même temps comme d’écouter, lire, recopier et comprendre ce qu’il copie alors que n’importe qui y arrive sans problème. Mon cas semble tellement moins grave. Et pourtant, je suis brisée et n’ai rien réussi à faire de ma vie.

Faut pas pucer

On peut regarder maintenant en ligne, ou télécharger gratuitement et légalement, le film « Mouton 2.0 – La puce à l’oreille ». (évidemment, et c’est encore mieux, on peut aussi acheter le DVD)

« La modernisation de l’agriculture d’après guerre portée au nom de la science et du progrès ne s’est pas imposée sans résistances. L’élevage ovin, jusque là épargné commence à ressentir les premiers soubresauts d’une volonté d’industrialisation.

Depuis peu une nouvelle obligation oblige les éleveurs ovins à pucer électroniquement leurs bêtes. Ils doivent désormais mettre une puce RFID, véritable petit mouchard électronique, pour identifier leurs animaux à la place de l’habituel boucle d’oreille ou du tatouage. Derrière la puce RFID, ses ordinateurs et ses machines il y a tout un monde qui se meurt, celui de la paysannerie.

Dans le monde machine, l’animal n’est plus qu’une usine à viande et l’éleveur un simple exécutant au service de l’industrie. Pourtant certains d’entre eux s’opposent à tout cela… »

La lutte des éleveurs contre le puçage RFID des moutons peut apparaître comme un combat de plus, un combat comme un autre, contre les obligations (la dernière en date étant celle de de vacciner contre la fièvre catarrhale ovine). Cependant comme le montrent ces entretiens avec des éleveurs, il ne s’agit pas simplement d’une obligation supplémentaire, mais d’une volonté à peine camouflée d’industrialiser l’élevage ovin et caprin, une volonté de contrôle total afin d’amener l’élevage vers d’autres aménagements futurs, sur le terrain de la génétique notamment (voir la loi sur les reproducteurs certifiés qui prévoit pour 2015 l’obligation pour les éleveurs de faire certifier leurs béliers). Camouflée, car selon ceux qui imposent la puce (État, autorités sanitaires et vétérinaires), la puce serait un outil de traçabilité, donc de sécurité pour le consommateur et diminuerait la pénibilité du travail pour l’éleveur. Les éleveurs du film nous montrent clairement que le puçage ne garantit en rien la sécurité du consommateur et n’apporte rien aux éleveurs, ou du moins à certains d’entre eux. Ils insistent bien sur le fait qu’ils se battent autant contre l’obligation que contre le puçage en lui-même : si un éleveur estime que le puçage lui apporte quelque chose, qu’il l’adopte, mais ils n’admettent pas qu’on s’introduise dans leurs élevages, qu’on remette en cause leurs pratiques et leurs compétences, dans la mesure où ils exercent leur métier sans porter préjudice à autrui. Ils expliquent aussi très bien en quoi ces mesures qu’on leur impose petit à petit visent à un contrôle total de nos vies, de la naissance à la mort.

En tant que consommatrice de produit bio et si possible locaux, et en tant que micro-productrice, j’estime que la traçabilité s’effectue bien plus efficacement par le maintien du lien direct entre le producteur et le consommateur, que par le flicage des producteurs. Ces réglementations, sous couvert d’améliorer la sécurité sanitaire, ne peuvent que conduire à l’éradication des plus petits producteurs. Pourtant, ceux-ci doivent se comporter au mieux pour ne pas perdre leur clientèle, contrairement aux grosses industries, et justement ce sont par les grosses industries qu’arrivent les scandales sanitaires. Avec les petits producteurs et les circuits courts, la traçabilité est immédiate, la sanction en cas d’erreur aussi.

Le film nous montre bien la différence entre l’éleveur qui observe son troupeau, et l’exploitant industriel qui observe son écran. Aucun commentaire, mais les séquences parlent d’elles-mêmes.

Dans le film, chaque éleveur expose les raisons qui l’ont amené à ce métier, à cette passion. L’écoute de ces bergers, de ces éleveurs, dans leurs cadres de vie grandioses, nous aide à comprendre ce métier et, à travers leurs regards, nous ouvrons les yeux sur le danger d’une société industrielle, liberticide et frénétique.

Complètement hors sujet : j’ai été très touchée par l’étonnante ressemblance entre un jeune éleveur du film, qui est du Luberon, et mon arrière-grand-père dont il est question ici en ce moment, qui était également du Luberon.

Pourquoi faire simple – encore

J’ai déjà écrit deux articles intitulés « Pourquoi faire simple » sur le thème de l’absurdité administrative. En voilà un troisième.

Récemment, j’ai reçu un coup de téléphone d’une employée du Conseil général (CG pour le intimes) qui me demande, pour que mon dossier RSA soit complet, (je suis au RSA depuis deux ou trois ans…) un papier prouvant que je suis bien auto-entrepreneure puisque c’est le cas. Papier à faire passer à mon référent RSA qui le fera passer à la dame en question. Et si je n’ai pas ce papier sous le coude, je vais au CFE (centre de formalité des entreprises) qui est à 30 km de chez moi leur demander le formulaire truc-muche que je fais passer à mon référent RSA qui le fait passer à la dame.
La question que je me pose : puisque cette dame sait de quel formulaire elle a besoin, et où il se trouve, pourquoi ne peut-elle le demander directement au CFE qui pourrait le lui envoyer directement ?

°.°

Là, elle dérange au bas mot deux personnes de trop et le tout va prendre plusieurs jours, sinon plusieurs semaines. J’ai passé une bonne demi-heure à chercher ce foutu papier, j’ai scanné et envoyé par mél ce que j’ai trouvé au référent parce que j’ai autre chose à faire que de courir le lui porter, mais je suis bien sûre que ce que j’ai envoyé n’est pas le bon justificatif et qu’il me faudra sans doute un jour ou l’autre faire ces deux fois 30 km pour aller chercher ce papier au CFE avant de le porter au référent RSA qui le fera passer au CG…

Pourquoi faire simple, donc…Pourquoi n’envoie-t-on pas tous ces parasites désherber des carottes bio, pour leur redonner un peu le sens des réalités ?

 

Cherchez l’erreur

Il y a une urgence environnementale, et il y a une urgence sociale. Il existe l’agro-écologie, gourmande en main d’oeuvre et qui préserve l’environnement. Il existe l’éco-construction, gourmande en main d’oeuvre, et qui préserve l’environnement. Il existe l’assainissement écologique, pourvoyeur d’emplois et qui préserve l’environnement. Il existe les énergies renouvelables, créatrices d’emplois et qui préservent l’environnement…

Alors pourquoi l’État continue-t-il, avec NOS impôts, à subventionner l’agriculture productiviste, pourvoyeuse de chômage, de pollution et de maladies ? à subventionner les grandes entreprises produisant des matériaux inefficaces et polluants ? à subventionner le tout à l’égout et le nucléaire, qui ne créent que peu d’emplois et sont polluants et dangereux pour la santé ?

Quand allons-nous enfin changer un peu les choses ? C’est quand même sacrément frustrant, mardalor !

Hier, j’ai entendu dire que les entreprises de location de voitures avec chauffeurs se voyaient appliquer des contraintes incompatibles avec les besoins de leurs clients, soi-disant pour éviter de concurrencer les taxis (qui ne suffisent pas à répondre à la demande, si j’ai bien suivi). Encore un énième exemple de la perversité de notre système qui reproche aux Français de ne pas être entreprenants, et qui en même temps leur coupe les pattes dès qu’ils tentent la moindre initiative. C’est sacrément frustrant, mardalor !

On subventionne les grandes entreprises, et on ponctionne mortellement les petites. Au nom de quoi ? Quand allons-nous avoir des représentants et pas des dirigeants ? Des représentants qui nous ressemblent, nous respectent, pas des crétins pitoyables qui se croient tout permis, et même de caqueter bêtement à l’Assemblée nationale à NOS frais, après s’être bourré la gueule avec NOTRE argent de contribuable ! Je me demande vraiment si je vais continuer à aller voter.

Voilà, c’est tout.
Je suis fatiguée. Très fatiguée. J’ai enfin trouvé un médecin compétent qui a pu confirmer médicalement (une simple analyse de sang) ce que je sais depuis près de cinq ans : j’ai une candidose intestinale chronique, qui a conduit à une perméabilité intestinale qui a permis au Candida de se répandre partout et de dévaster ma frêle carcasse. Cinq ans en mode survie, à tenter de m’en sortir envers et contre tout, à finir par croire que ce n’était pas tant un problème, malgré l’évidence, pour ne pas sombrer dans le désespoir. Le déni devient parfois vital, quand tous les professionnels censés aider s’avèrent incompétents et préfèrent nier les problèmes plutôt que de les reconnaître, de reconnaître leur part de responsabilité (la candidose serait favorisée par les plombages dentaires au mercure, les antibiotiques, la contraception orale…) et de se bouger les fesses pour s’informer et vous aider (en cinq ans, j’ai consulté une dizaine de toubibs en vain ; la seule personne qui m’a vraiment aidée a été un psy, parce qu’il était passé par là, avait failli y rester, savait de quoi il retournait, a eu peur pour moi).

Car la candidose peut tuer. Elle se nourrit de ce que vous mangez, vous carençant lentement mais sûrement en tout ce qui est nécessaire à une bonne santé, et elle vous empoisonne à petit feu avec les toxines qu’elle émet. Elle peut ainsi conduire à la dépression et, parfois, au suicide. Rien que ça. Donc aucun intérêt, n’est-ce pas, circulez, y’a rien à voir.

Je me suis entendue dire que je ne pouvais pas être fatiguée puisque ma tension est normale (si, si, incroyable, non ?) On m’a fait des analyses de sang incomplètes qui montrent que je vais bien (ben oui, à part la candidose je suis en super bonne santé ; c’est même sans doute grâce à ça que je suis encore là pour en causer) alors que moi, je vois que je suis tellement épuisée que je ne peux même plus jardiner, le jardin n’est que ma passion principale, la seule activité qui me détend vraiment et me fait tout oublier. Impossible, bien sûr, d’envisager la moindre activité professionnelle, même à temps partiel tant je suis fatiguée mais il est tellement plus simple de penser que je suis une grosse flemmasse, n’est-ce pas ? Parce que bien sûr, quand on a un bac + 8, on ne rêve que de rester glander à la maison, c’est bien connu. C’est tellement plus chouette, les tâches ménagères et les longues heures d’ennui, qu’un emploi digne d’un bac + 8…

Et comme je prends soin de moi, évitant tous les aliments qui me sont devenus indigestes, me reposant autant que nécessaire etc., je n’ai pas si mauvaise mine que ça, alors forcément, je ne vais pas si mal que je le prétends (et puis je ne sors pas quand je vais trop mal, alors on ne me voit pas dans ces cas-là, tout bêtement) Et puis je suis hp, et les hp sont un peu comme les chats, ils ont toujours l’air d’aller bien, et quand ils commencent à avoir l’air d’aller mal, ben ils sont à moitié morts, y’a pas vraiment de juste milieu, on dirait (trop tout !)

Voilà voilà… Prenez soin de vous.