Mon potager

Le plus beau du monde, bien sûr, surtout en cette saison fertile en fruits, légumes et fleurs.

Du côté de l’entrée, les pêchers :

mon potager

Avec, oui, un vieux rêve, un saule pleureur derrière, qui les gêne un peu mais tant pis. Et un rang de dahlias rouge sang devant chaque pêcher.

Vers le fond, les courges qui envahissent tout et le poirier qui, littéralement, croule sous le poids des poires :

mon potagerÇa ne se voit pas, mais il y a des haricots verts, coincés entre les courges et les tomates à peu près tuteurées cette année. Dans ce coin, c’est la folie cette année, jamais je n’avais eu d’aussi beaux légumes !

Un pas de côté :

mon potagerUn peu fouillis, tout ça (et encore, je ne montre pas le pire), voilà qui me ressemble bien, au fond. Mon potager mêle arbres fruitiers (qui vont poser problème quand ils grandiront, mais j’avais mes raisons, quand je les ai plantés), petits fruits (cassissiers, groseilliers), aromatiques (des sauges, comme celle au premier plan ici), une verveine etc., fleurs… et même des légumes.

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Faut pas pucer

On peut regarder maintenant en ligne, ou télécharger gratuitement et légalement, le film « Mouton 2.0 – La puce à l’oreille ». (évidemment, et c’est encore mieux, on peut aussi acheter le DVD)

« La modernisation de l’agriculture d’après guerre portée au nom de la science et du progrès ne s’est pas imposée sans résistances. L’élevage ovin, jusque là épargné commence à ressentir les premiers soubresauts d’une volonté d’industrialisation.

Depuis peu une nouvelle obligation oblige les éleveurs ovins à pucer électroniquement leurs bêtes. Ils doivent désormais mettre une puce RFID, véritable petit mouchard électronique, pour identifier leurs animaux à la place de l’habituel boucle d’oreille ou du tatouage. Derrière la puce RFID, ses ordinateurs et ses machines il y a tout un monde qui se meurt, celui de la paysannerie.

Dans le monde machine, l’animal n’est plus qu’une usine à viande et l’éleveur un simple exécutant au service de l’industrie. Pourtant certains d’entre eux s’opposent à tout cela… »

La lutte des éleveurs contre le puçage RFID des moutons peut apparaître comme un combat de plus, un combat comme un autre, contre les obligations (la dernière en date étant celle de de vacciner contre la fièvre catarrhale ovine). Cependant comme le montrent ces entretiens avec des éleveurs, il ne s’agit pas simplement d’une obligation supplémentaire, mais d’une volonté à peine camouflée d’industrialiser l’élevage ovin et caprin, une volonté de contrôle total afin d’amener l’élevage vers d’autres aménagements futurs, sur le terrain de la génétique notamment (voir la loi sur les reproducteurs certifiés qui prévoit pour 2015 l’obligation pour les éleveurs de faire certifier leurs béliers). Camouflée, car selon ceux qui imposent la puce (État, autorités sanitaires et vétérinaires), la puce serait un outil de traçabilité, donc de sécurité pour le consommateur et diminuerait la pénibilité du travail pour l’éleveur. Les éleveurs du film nous montrent clairement que le puçage ne garantit en rien la sécurité du consommateur et n’apporte rien aux éleveurs, ou du moins à certains d’entre eux. Ils insistent bien sur le fait qu’ils se battent autant contre l’obligation que contre le puçage en lui-même : si un éleveur estime que le puçage lui apporte quelque chose, qu’il l’adopte, mais ils n’admettent pas qu’on s’introduise dans leurs élevages, qu’on remette en cause leurs pratiques et leurs compétences, dans la mesure où ils exercent leur métier sans porter préjudice à autrui. Ils expliquent aussi très bien en quoi ces mesures qu’on leur impose petit à petit visent à un contrôle total de nos vies, de la naissance à la mort.

En tant que consommatrice de produit bio et si possible locaux, et en tant que micro-productrice, j’estime que la traçabilité s’effectue bien plus efficacement par le maintien du lien direct entre le producteur et le consommateur, que par le flicage des producteurs. Ces réglementations, sous couvert d’améliorer la sécurité sanitaire, ne peuvent que conduire à l’éradication des plus petits producteurs. Pourtant, ceux-ci doivent se comporter au mieux pour ne pas perdre leur clientèle, contrairement aux grosses industries, et justement ce sont par les grosses industries qu’arrivent les scandales sanitaires. Avec les petits producteurs et les circuits courts, la traçabilité est immédiate, la sanction en cas d’erreur aussi.

Le film nous montre bien la différence entre l’éleveur qui observe son troupeau, et l’exploitant industriel qui observe son écran. Aucun commentaire, mais les séquences parlent d’elles-mêmes.

Dans le film, chaque éleveur expose les raisons qui l’ont amené à ce métier, à cette passion. L’écoute de ces bergers, de ces éleveurs, dans leurs cadres de vie grandioses, nous aide à comprendre ce métier et, à travers leurs regards, nous ouvrons les yeux sur le danger d’une société industrielle, liberticide et frénétique.

Complètement hors sujet : j’ai été très touchée par l’étonnante ressemblance entre un jeune éleveur du film, qui est du Luberon, et mon arrière-grand-père dont il est question ici en ce moment, qui était également du Luberon.

Le colibri et la passoire

La première fois que j’ai entendu Pierre Rabhi raconter l’histoire fameuse du colibri, j’ai été émerveillée et j’ai trouvé cette image magnifique et géniale. Depuis, j’y réfléchis beaucoup et je trouve souvent cette histoire stupide. Cet idiot de colibri, au lieu de s’user la santé à jeter de minuscules et vaines gouttes d’eau dans un immense brasier, ne ferait-il pas mieux d’aller construire son nid ailleurs, et les autres aussi ?

Je suis souvent en colère contre les associations écologistes (dont je fais partie, évidemment), parce que j’ai le sentiment qu’elles ne font, finalement, que tenter d’écopper avec une passoire l’eau qui rentre dans le Titanic-Terre…

Au mieux, ça ne fait que prolonger le supplice, au pire, ça ne sert à rien… Ne vaut-il pas mieux construire des radeaux pour tenter de « s’échapper » avec ceux-celles qui le souhaitent ? Plutôt que de militer, faire des pétitions, des manif’, des communiqués de presse, des campagnes d’information, ne vaudrait-il pas mieux agir concrètement sur son lieu de vie, son travail comme le font par exemple les éco-constructeurs ?

Je connais trop de militants de longue date qui continuent à laisser allumées les ampoules classiques dans des pièces vides, qui construisent pour leurs clients des bâtiments isolés à la laine de verre sans se préoccuper le moins du monde de bioclimatisme, qui n’ont apparemment jamais songé à installer des panneaux solaires sur leur toit, qui continuent à repeindre leur maison avec de la peinture de supermarché bien chimique, après avoir acheté des chaussettes à trois euros les dix paires mèïde inn tchaïna, et qui ne mangent bien sûr pas bio, trop cher ; pour ceux-là, tout ça est du détail sans importance face au Combat.

Alors, souvent, j’ai envie de jeter ma passoire…

Je me dis que si les écologistes avaient mis autant d’énergie à agir au quotidien pour changer leur mode de vie, montrant ainsi tranquillement à leur entourage qu’on peut vivre sobrement sans pour autant s’éclairer à la bougie en mangeant des carottes véreuses, qu’on peut être heureux ainsi, n’auraient-ils pas fait plus d’émules qu’en embêtant les moutons matérialistes que nous sommes à peu près tous, avec des considérations culpabilisantes, non constructives et déprimantes ?

Pourtant…

Dans cette chienne de vie, les choses ne sont pas si simples… heureusement la plume, ou plutôt le clavier, est là pour m’aider à y voir plus clair.

D’abord, il y a aussi des exemples réjouissants de personnes qui allient militantisme et action concrète et quotidienne. Et puis au fond, ce travail de sape des « écolos » ne porte-t-il pas ses fruits ? N’est-ce pas à force de voir le colibri jeter sa vaine goutte d’eau, que tous les autres se décident à en faire autant et que, ensemble, peut-être ils arriveront à contenir l’incendie ? N’est-ce pas ce travail de fond acharné qui permet, maintenant que la prise de conscience commence à devenir plus collective, de donner des exemples, de proposer des solutions ?

Pff… c’est trop compliqué, la vie, je vais prendre un bain chaud.

(19/11/2008)

 

La nature est toujours la plus forte ?

C’était en juillet 2009, j’avais écrit :

J’adore ce genre de nouvelles : « Une piste de l’aéroport Kennedy à New York a dû être fermée mercredi matin, en raison d’une invasion… de tortues-diamants. Les 78 reptiles venaient des marais avoisinants et étaient en exploration sur le tarmac, même lentement, provoquant des retards allant jusqu’à 90 minutes. » En plus, elles sont très jolies, ces tortues diamant. Ce qui est étonnant, c’est qu’elles sont aquatiques, qu’est-ce qui leur a pris ?!

Bref, qu’une bande de modestes et lentes tortues puissent semer la pagaille dans un lieu aussi hautement technologique qu’un aéroport me remplit d’aise. L’espèce humaine (en particulier ses représentants mâles) peut toujours essayer de « dominer la nature », elle reste et restera toujours la plus forte et c’est très bien comme ça. Même si parfois, ça a un côté terrifiant. J’ai aussi reçu ça l’autre jour, qui m’a moins fait rire.

« Selon Alain Grandjean (FNH), qui s’est exprimé aujourd’hui lors de la conférence sur la contribution climat-energie, les experts scientifiques qui se sont réunis récemment à Copenhague, en seraient revenus livides… les prévisions scientifiques seraient bien plus pessimistes depuis le 4ème rapport du GIEC, il ne faudrait plus diviser les émissions mondiales en 2050 par deux, mais plutôt par trois. On murmure même ici ou là que des points de basculement comme la fonte du permafrost pourraient avoir été franchis. Ce qui ne doit bien évidemment pas discréditer l’action mais au contraire la renforcer. »

« La communauté scientifique s’est réunie en mars dernier à Copenhague, elle a produit en juin une synthèse de ses travaux (sorte de mise à jour du dernier rapport du GIEC qui datait de 2007). Le résumé pour décideurs de ce rapport délivre 6 messages clés :

Message-clé n°1 : Tendances climatiques

Les observations récentes montrent que les émissions de GES et de nombreux aspects du climat s’approchent de la limite supérieure des projections du GIEC. Un grand nombre d’indicateurs clé se trouvent déjà en dehors des limites de variabilité naturelle dans lesquelles la société et l’économie contemporaines se sont développées et ont prospéré. Ces indicateurs incluent la température de surface moyenne globale, l’élévation du niveau des mers, la température globale de l’océan, l’étendue des glaces arctiques, l’acidification des océans, et les événements climatiques extrêmes. Sans une atténuation des émissions, de nombreuses tendances dans l’évolution du climat vont probablement s’accélérer, menant à un risque croissant de changements climatiques brusques ou irréversibles.

Message-clé n°2 : Ruptures sociales et environnementales

La communauté de la recherche fournit de nombreuses informations qui étayent les discussions sur un «changement climatique dangereux ». Les observations récentes montrent que les sociétés et les écosystèmes sont fortement vulnérables, même à un changement climatique modeste, avec un danger particulierement accru pour les pays et communautés pauvres, les services rendus par l’écosystème et la biodiversité. Des élévations de la température au-delà de 2°C causeront des difficultés importantes aux sociétés contemporaines, et sont susceptibles d’entraîner des ruptures sociales et environnementales importantes pour le reste du siècle et au delà.

Message-clé n°3 : Stratégie de long terme, objectifs mondiaux et prochaines étapes

Une atténuation rapide, soutenue, et efficace basée sur une action mondiale et régionale coordonnée est nécessaire pour éviter un « changement climatique dangereux », quelle qu’en soit la définition. Adopter des objectifs de réduction moins ambitieux en 2020 augmenterait les risques d’incidences sérieuses, y compris le franchissement de points de basculement, et rendraient la réalisation des objectifs de 2050 plus difficile et plus coûteuse. Donner un prix crédible à long terme sur le carbone, et adopter des politiques qui favorisent l’efficacité énergétique et les technologies à faible teneur en carbone, sont des mesures indispensables à une atténuation efficace.

Message-clé n°4 : Equité

Le changement climatique a, et aura à l’avenir, des effets très différents sur les personnes à l’intérieur d’un même pays et entre les pays ; sur les générations présentes et les générations futures ; et sur les sociétés humaines et la nature.

Un filet de sécurité est nécessaire pour assurer aux personnes les moins aptes à faire face aux incidences du changement climatique une adaptation efficace et bien établie, et des stratégies d’atténuation équitables sont nécessaires pour protéger les pauvres et les plus vulnérables. Combattre le changement climatique devrait être vu comme faisant intégralement partie des objectifs plus généraux d’améliorer le développement socio-économique et l’équité à travers le monde.

Message-clé n°5 : L’inaction est inexcusable

La société dispose déjà de nombreux outils et approches – économique, technologique, comportementale, et managériale – pour traiter efficacement le défi du changement climatique. Si ces outils ne sont pas mis en application vigoureusement et largement, l’adaptation au changement climatique inévitable et la transformation sociale exigée pour décarboner les économies ne sera pas réalisée. Un grand nombre de bénéfices découlera d’un effort concerté pour réaliser une adaptation et une atténuation efficace et rapide. Ceux-ci incluent la croissance de l’emploi dans le secteur des énergies soutenables ; la réductions des coûts de santé, sociaux, économiques et environnementaux entrainés par le changement climatique ; et la réparation des écosystèmes et la revitalisation des services rendus par l’écosystème.

Message-clé n°6 : réussir le défi

Si la transformation sociale nécessaire pour réussir le défi du changement climatique doit être réalisée, alors un certain nombre de contraintes significatives doivent être surmontées et des opportunités critiques doivent être saisies. Celles-ci incluent de réduire l’inertie dans les systèmes économiques sociaux ; bâtir sur le désir public croissant que les gouvernements agissent sur le changement climatique ; réduire les actions qui augmentent les émissions de gaz à effet de serre et réduisent la résilience (comme par exemple certaines subventions) ; et permettre la transition depuis une gouvernance inefficace et des institutions faibles vers un leadership innovant dans le gouvernement, le secteur privé et la société civile. Lier le changement climatique aux problèmes plus larges de production et consommation soutenables, les questions de droits de l’homme et les valeurs démocratiques, est crucial pour permettre la transition des sociétés vers des voies de développement plus durables. »

En bref, des solutions existent, nombre d’entre elles sont prônées par les associations depuis longtemps et les scientifiques depuis plus récemment, à chacun-e de mettre en oeuvre celles qui sont à sa portée et d’exiger de ses élus la mise en oeuvre de celles qui sont hors de sa portée.

Qu’est-ce qui a bougé, en quatre ans ?

Moissons russes

En février 2009, j’avais trouvé un site internet très intéressant sur l’art russe. Parmi les nombreux tableaux qui y sont reproduits, celui-ci, de Grigoriy Grigoryevich Myasoyedov (Григорий Григорьевич Мясоедов) (1834-1911), représentant des faucheurs (1887).

myasoedov_harvestParmi les photos de famille que ma tante détient encore jalousement, celle-ci représentant les moissons dans la province de Riazan, où mon arrière-grand-père avait une propriété. Ça devait être peu avant la révolution. Elle est un peu penchée et il en manque un morceau, j’espère l’avoir entière un de ces jours.

moissons russesQuoi qu’il en soit, la similitude entre les deux est troublante. Rien à voir avec nos moissons du XXIè siècle, avec des machines aussi grosses que des maisons (et coûtant le même prix qu’une maison !), avec lesquelles un gars tout seul peut moissonner jusqu’à trente hectares par jour !

(je n’ai toujours pas réussi à récupérer ne serait-ce que des scan de ces photos de famille, grmbl…)

Une Organisation Mondiale pour l’Environnement ?

À l’instant, j’entends qu’on évoque la possibilité de ressortir des cartons le projet qu’avait envisagé Jacques Chirac, alors président français, d’une Organisation Mondiale de l’Environnement. J’en profite pour ressortir de mes propres cartons cette lettre ouverte, je crains qu’elle n’ait pas pris une ride… La catastrophe écologique a de beaux jours devant elle. 😦

En France, octobre 2006

 Monsieur le Président,

Le 1er septembre 2006, vous avez déclaré[1] devant l’Assemblée générale de l’Organisation des  Nations Unies : « Sachons dépasser les égoïsmes, les dogmatismes, donner sa chance à l’idée généreuse d’un monde rassemblé pour le progrès de l’humanité.

Enfin chacun sait qu’une activité humaine non maîtrisée est en train de provoquer une sorte de lent suicide collectif. Seul le rassemblement des nations autour d’engagements consentis en commun permettra de prévenir un véritable désastre. Créons l’Organisation des Nations unies pour l’environnement, conscience écologique du monde, et ayant les moyens d’assumer cette responsabilité, lieu privilégié de notre action commune pour les générations futures. La France accueillera l’année prochaine, dans une conférence internationale, toutes celles et tous ceux qui veulent faire progresser ce projet capital pour l’avenir de la planète. »

Monsieur le Président, il existe déjà de par le monde des millions de personnes, particuliers, scientifiques et militants associatifs, qui oeuvrent chaque jour ensemble en dépassant les égoïsmes, parfois au péril de leur vie, pour un vrai progrès de l’humanité. Mais ces personnes-là voient chaque jour leurs efforts réduits à néant par l’égoïsme des entreprises industrielles et le dogmatisme de « responsables » et de politiques de tous bords.

Dans le monde entier, les peuples expriment leur rejet des OGM, qui ne leur apportent aucun progrès réel et dont ils subiront les conséquences néfastes. Pourtant, en France, le dogmatisme et l’égoïsme des semenciers qui détiennent les brevets de ces OGM sont soutenus par l’État, par des subventions massives, par des lois perverses, et même par le recours aux forces armées, financées par les deniers des contribuables.

L’agriculture biologique et les diverses formes d’agriculture durable sont menacées dans leur existence même par les OGM. Elles sont menacées aussi par les lois sur le commerce des semences qui dénient au paysan la liberté fondamentale de choisir sa semence et de semer le grain récolté, geste dans lequel on ne voit pourtant ni dogmatisme ni égoïsme.

Cette agriculture écologique, qui nous permettra peut-être d’échapper au désastre dont vous parlez, est depuis peu soumise à la scandaleuse Loi d’Orientation Agricole de février 2006 qui, en violation flagrante de l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’Homme, interdit de recommander l’emploi de produits sains et naturels comme les extraits végétaux dans la lutte contre les maladies et ravageurs agricoles. Enfin, les fermes où se pratique cette agriculture, et les structures associatives où elle s’élabore, sont privées du soutien et de la reconnaissance dont elles ont besoin pour développer ces vraies alternatives à une agriculture industrielle dont la nocivité pour la santé et l’environnement est prouvée.

La France s’est engagée à diminuer la quantité d’intrants consommés par son agriculture, qui est une des plus polluantes de la planète, mais l’égoïsme des industries des agrofournitures et le dogmatisme des techniciens et des bureaucrates l’en empêchent, avec la complicité des politiques, et on se demande en quoi la création d’une ONUE va changer les choses.

Monsieur le Président, en France comme partout dans le monde, les peuples expriment leur refus du nucléaire, qu’il soit civil ou militaire, et pourtant, en France, pays dont vous êtes le Président, 58 réacteurs nucléaires, sensibles à de simples événements climatiques, sécheresse,  gel ou  inondations, exposés aux éventuels attentats terroristes et à la merci de la première action militaire, voient leur durée de vie prolongée arbitrairement par l’égoïsme et le dogmatisme d’EDF, faisant courir aux Français – mais aussi à leurs voisins européens – de graves périls. Et l’égoïsme et le dogmatisme des tenants du nucléaire, minoritaires dans un pays qui se veut démocratique, pousse notre gouvernement, votre gouvernement, à imposer la construction de l’EPR dont la majorité des Français ne veut pas. La création d’une ONUE va-t-elle enfin obliger les politiques français à respecter la volonté du peuple français ?

Monsieur le Président, nous étouffons sous les déchets. Des particuliers, des scientifiques et des associations ont montré les atteintes que les incinérateurs causent à la santé et à l’environnement, ils insistent sur la nécessité qu’il y a à réduire la production de déchets à la source, par exemple en limitant drastiquement les suremballages inutiles, en remettant au goût du jour la consigne comme le font d’autres pays européens, en pratiquant le tri et le compostage systématique de toutes les matières organiques, au plus près de leur source. Des solutions simples et efficaces existent mais les égoïsmes et dogmatismes des industriels qui fabriquent les « produits » et de ceux – les mêmes – qui traitent les déchets empêchent qu’elles soient appliquées en France alors qu’elles le sont chez nos voisins. La création d’une ONUE va-t-elle obliger la France à faire preuve d’un peu de bon sens ?

Monsieur le Président, une part du changement climatique est liée aux modes de chauffage et de climatisation utilisés pour rendre supportables nos logements et locaux professionnels, bâtis ou rénovés sans souci de leur environnement climatique. Des solutions simples de conception et de rénovation bioclimatiques existent, qui permettent de rendre un bâtiment à la fois économe, confortable et sain. Elles ne peuvent actuellement être mises en oeuvre que par des personnes particulièrement motivées car l’égoïsme des industriels des matériaux de construction et le dogmatisme des énergéticiens et concepteurs en bâtiment leur barrent la route, particulièrement en France. Est-il besoin de créer une structure internationale pour rendre aux peuples le droit de construire avec des matériaux locaux, naturels et sains, avec des savoirfaire ancestraux modernisés, qui ont fait la preuve de leur efficacité ? Ne suffit-il pas de donner les moyens aux architectes, artisans, associations et particuliers de concevoir, rénover et construire des bâtiments selon ces principes connus, éprouvés, modernisés ? La création d’une ONUE est-elle nécessaire pour que se développent enfin des solutions constructives expérimentées avec succès partout sur la Terre et vers lesquelles se tournent nos voisins européens ?

Monsieur le Président, les transports sont actuellement un des plus grands pourvoyeurs de gaz à effet de serre. La France possédait un magnifique réseau ferroviaire qui a été démantelé, sans aucune concertation avec ses usagers, au profit d’un développement anarchique et indéfini du « tout routier », en particulier des autoroutes. Une part des transports concerne des objets dont la production pourrait parfaitement être relocalisée, si l’égoïsme des industriels et le dogmatisme des économistes ne les poussaient pas à produire toujours plus loin pour toujours moins cher, au grand dam des travailleurs de nos pays et de ceux qui sont exploités ailleurs. Une autre part des transports concerne les déplacements personnels qui pourraient parfaitement s’effectuer en commun si des structures efficaces étaient vraiment développées. Là aussi, des particuliers et des associations proposent des solutions, ils sont pourtant rarement écoutés, le seront-ils davantage au sein d’une ONUE ?

Monsieur le Président, la conscience écologique est là. Ce sont les politiques – représentants du peuple insidieusement autoproclamés décideurs – qui, par leur égoïsme et leur dogmatisme, empêchent que de vraies mesures réellement efficaces soient mises en oeuvre pour empêcher ce lent suicide – ou faudrait-il dire meurtre ? – collectif. La France a, comme d’autres pays, pris des engagements dans le cadre du protocole de Kyoto, elle ne les respecte même pas.

Commençons par là plutôt que de créer une énième structure internationale. Il n’est plus temps de discourir, il est temps d’agir. La maison brûle et vous regardez ailleurs !

Au fait, monsieur le Président, pourquoi créer une ONUE puisqu’elle existe déjà et se nomme PNUE (Programme des Nations Unies pour l’Environnement) ?

Recevez, monsieur le Président, l’assurance de nos sentiments les plus citoyens.