Dyspraxie et haut potentiel (témoignage 1ère partie)

Il y a un an et demie, j’ai eu la confirmation de mon appartenance à ce drôle de sous-groupe dit parfois surdoué, ou encore haut potentiel intellectuel (je déteste l’appellation zèbre employées par certaines personnes ; éventuellement, guépard, mais certainement pas zèbre, cette bestiole vivant en troupeau et mastiquant placidement…) et appris avec un mélange de stupéfaction et de soulagement que je suis également dyspraxique. J’ai vécu cinquante ans en ignorant complètement ces deux particularités et surtout la dyspraxie (ma mère me disait parfois que j’étais plus intelligente que la moyenne, mais elle me disait aussi que j’étais plutôt adroite de mes mains…), un peu comme si on ne m’avait jamais dit que j’étais une femme, ou que j’étais myope. Eh ben… ça change la vie.

Bon, surdouée, dois-je expliquer ? Trop de monde méconnaît cette particularité, qui ne consiste pas seulement en des capacités intellectuelles au-dessus de la moyenne, mais aussi en une hypersensibilité (aussi bien pour les cinq ou six sens que… comment on dit ? sensibilité artistique, à la nature, aux émotions…), hyperémotivité, hyper-affectivité, hyper-susceptibilité… De nombreux ouvrages sont maintenant disponibles (ma préférence va à celui de Monique de Kermadec), et des sites internet (ma préférences va à Talent différent).

Cela faisait quelques années que je me doutais être surdouée, suite à des lectures de hasard sur internet, et quand mes doutes se sont mués en certitude, à force de lire sur le sujet, de hanter forums, blogs et tchat et après quelques détours, j’ai décidé de passer « le » test (la WAIS 4) ; je voulais être sûre, et je voulais aussi en savoir plus sur mon fonctionnement, espérant comprendre pourquoi malgré des dons indéniables, j’étais encore en galère professionnelle, amicale et sentimentale, malgré cinq psychothérapies de deux ans environ chacune en vingt ans.

Déjà, j’ai été très soulagée d’apprendre que mon hypersensibilité et tous les désagréments associés étaient normaux, du moment que je me plaçais dans le bon référentiel. Enfin, je n’étais plus seule ! Ni détraquée, ni malade. Nor-ma-leu ! Une surdouée presque normale et presque banale 🙂

Ensuite, cette dyspraxie. Je crois que je n’avais même jamais entendu parler de ce truc-là. Je ne sais pas encore bien le définir et là n’est pas tout à fait le sujet, je me contenterai de témoigner. En tout cas, (presque) tout s’est éclairé.

Je me souviens ma mère essayant de m’apprendre à nouer mes lacets. Devant mon incapacité à dépasser le noeud simple, elle m’a appris à former deux boucles que je noue en noeud simple, au lieu de ce geste auquel je ne comprends toujours rien. Je devais avoir sept ou huit ans.

Je n’ai su plier correctement les chemises et T-shirts que vers 35 ans. Je me souviens ma mère essayant de me l’apprendre quand j’étais enfant, puis adolescente, je me souviens avoir essayé en vain quand j’étais jeune adulte. Je ne comprenais rien à la succession de gestes à effectuer, impossible de les reproduire. Après vingt ans de vains essais, c’est la motivation de la rencontre amoureuse avec un homme qui devait porter une chemise bien repassée chaque jour qui a créé le déclic : je sais plier les chemises, même sur ma cuisse si je n’ai pas de place à plat pour le faire mais, quelles que soient les conditions, je ne le fais pas automatiquement. Et il m’a fallu deux décennies pour apprendre ce geste apparemment simple…

Les activités domestiques ont toujours été mon cauchemar. En fait, durant les seize années passées avec le père de mes enfants, c’est lui qui tenait la maison, je constatais avec désespoir qu’il faisait les choses avant même que j’aie eu le temps de voir ce qu’il y avait à faire, ce qui lui permettait de me traiter de « bonne à que dalle » alors que non, je ne voyais littéralement pas ce qu’il y avait à faire, sinon moyennant un gros effort, et même comme ça. Je ne comprenais pas d’où venait cette incapacité et, après l’avoir quitté, je me suis usée à tenter d’accomplir ces tâches dans la souffrance et l’inefficacité.

Maintenant je vis seule et, depuis que sais que je suis dyspraxique, je m’observe et c’est… déroutant. Parfois amusant si je suis bien lunée. Quand je débarrasse la table, ce n’est pas automatique du tout. Je ne vois pas toutes les choses à débarrasser (il est vrai qu’il reste toujours un peu de bazar permanent sur ma table, mais quand même). Je débarrasse ce que je sais devoir enlever, ce à quoi je pense et si j’oublie quelque chose, je ne le vois pas, je ne le vois littéralement pas, parfois même si je regarde attentivement. Les assiettes et couverts, pas de souci, je le fais depuis l’enfance, et c’est un élément stable : il y a à chaque repas assiettes et couverts, sous mon nez et les mêmes au fil des mois, des années. Mais la ou les casserole(s), poêle(s), bouteille d’huile… J’ai beau le savoir, faire attention, regarder, depuis plus d’un an que je sais et m’observe, il m’arrive encore quasiment chaque jour d’oublier une casserole, la poêle ou la bouteille d’huile. Souvent, je m’en aperçois une fois la vaisselle faite. Mais souvent aussi, ce n’est que quand je repasse par là plusieurs heures après, que je vois la bouteille d’huile trônant sur la table ou la poêle me narguant sur la gazinière… Ça n’a l’air de rien, mais au quotidien, c’est usant. Cela veut dire que chaque activité domestique doit être réfléchie, pensée activement, que je dois faire un effort mental pour me rappeler les choses à faire, faute de les voir ou d’être capable de les automatiser. Et franchement, mettre autant d’énergie à quelque chose d’aussi peu intéressant, aussi répétitif, aussi peu créatif et épanouissant, ce n’est pas marrant du tout. Surtout que même si je suis multitâche pour pas mal de choses, il m’apparaît clairement que je ne peux avoir ce genre d’activité et penser à autre chose en même temps. Ennui profond garanti. Épuisement. Désespoir ces dernières années où, privée d’activité professionnelle, la seule chose à laquelle j’étais astreinte était cette somme de fichues activités domestiques qui usaient mes dernières forces.

La vaisselle ! Pendant longtemps, j’agissais en fait comme si je prenais l’expression au pied de la lettre. Quand je décidais de faire la vaisselle, je plongeais les mains dans l’évier, munie de mon éponge et, une fois la première assiette propre et mousseuse en main… je me rendais compte que l’égouttoir était plein de vaisselle sèche. Pas de place pour ma vaisselle propre. Où poser mon assiette ? La remettre avec les sales ? Et me voilà figée, comme une poule devant un couteau… J’en ris, maintenant, mais pendant ces décennies j’étais enfermée dans ce fonctionnement faute d’avoir les clefs pour en sortir. Parce que ce qui est fabuleux, dans cette histoire-là, c’est que la dyspraxie rend totalement idiot et qu’on peut refaire indéfiniment la même erreur, aussi manifeste soit-elle. Parce que, bizarrerie du cerveau, cette erreur manifeste, la personne dyspraxique ne la voit tout simplement pas. Et l’oublie aussitôt. C’est incroyable, affolant, mais c’est comme ça.

Encore maintenant, alors que ça fait un an et demie que je travaille à améliorer mon efficacité pour moins m’user, je continue à attraper une assiette sale dans l’évier avant de regarder si je vais pouvoir la mettre quelque part quand elle sera propre. La seule amélioration est que maintenant, je m’arrête aussitôt en me rappelant : ah oui ! d’abord ranger la vaisselle propre. Vous me direz : pourquoi n’essuies-tu pas et ne ranges-tu pas la vaisselle aussitôt après l’avoir lavée ? Ben parce que laver la vaisselle me demande une telle concentration que j’évite tout ce qui peut être évité, je suis assez fatiguée comme ça : la vaisselle ne peut pas se laver toute seule mais elle peut sécher toute seule, et être rangée plus tard. Souvent, je la range le matin, au lever, quand je suis encore pleine d’allant et qu’elle a eu la nuit pour sécher seule, ou à peu près.

Parce que le truc, en fait, n’est pas d’apprendre à faire comme tout le monde, mais d’apprendre à faire au mieux avec mes capacités. Et tant pis si la vaisselle passe la journée sur l’égouttoir, après tout, est-ce si grave ? De même, quand je reviens des courses il me faut quelquefois plusieurs heures pour ranger mes achats, et pourtant ils sont modestes, je vis généralement seule et ne fréquente plus les supermarchés. Eh bien basta, c’est comme ça. Et peut-être que de me donner le droit de ne plus me sentir obligée de ranger mes achats tout de suite, en m’allégeant d’une culpabilité, va m’alléger les choses et m’aider à le faire de suite, paradoxalement ? Essai en cours.

La clef est simple en théorie : apprendre à apprendre, ce qui est en réalité très difficile pour une personne surdouée qui généralement sait (faire) sans apprentissage ou presque. Apprendre à décomposer les tâches en sous-tâches, voire en sous-sous-tâches. Apprendre à vérifier, avant de plonger les mains dans l’évier, si je vais savoir où poser mes assiettes mouillées. Commencer par ranger la vaisselle sèche. Car, oui, je le redis, je n’essuie pas la vaisselle, j’attends qu’elle sèche. Parce qu’essuyer la vaisselle sans la faire tomber me demande un réel effort, dont je n’avais pas conscience, persuadée que j’étais adroite de mes mains comme me le disait ma mère. Et en effet, je n’ai jamais rien cassé. Mais à quel prix… Un effort et une crispation permanents (« vigilance constante ! » dirait Moody Mad Eye dans le monde magique de Harry Potter). Alors oui, forcément, stratégie inconsciente d’évitement à tout prix. Simple question de survie.

Un truc tout bête, dont je ne me suis rendue compte que très récemment, en discutant avec la psychomotricienne : quand je me mets à table, je ne pense jamais à tout le nécessaire. Je pense à l’assiette et aux couverts (quand mon fils est là, c’est lui qui les mets). Mais j’oublie systématiquement tout le reste. La bouteille d’huile dont je me sers pourtant à chaque repas. Ma serviette. Et diverses autres choses que je n’ai pas en tête au moment où j’écris ces lignes. En fait, ce n’est qu’une fois assise, quand j’en ai besoin, que je me rends compte de ce qui manque. À chaque repas. Chaque jour. Donc je me relève, deux, trois fois minimum. Et ça dure depuis des décennies, et ça durera jusqu’à la fin de mes jours, si je ne m’oblige pas à lister le nécessaire avant de m’asseoir… Nouveau travail en cours…

Étendre le linge demande moins d’efforts (pas de risques de casse !), c’est juste très ennuyeux, et très désespérant de voir revenir toujours les mêmes chaussettes, les mêmes T-shirts… puisque je ne peux pas penser à autre chose en même temps. Alors je tâche de rendre la chose plus créative, plus complexe : j’essaie d’assortir les chaussettes, ce qui n’est pas évident quand elles se ressemblent toutes à de menus détails près (et c’est toujours ça de gagné pour le rangement du linge sec). Je suspends mes T-shirts aux couleurs variées en assortissant les couleurs, en arc-en-ciel… Je suspends les torchons avec le pli bien au milieu, pour l’esthétique et pour pouvoir les plier plus facilement, sans les repasser (le repassage est passé à la trappe depuis dix ans, et ne reviendra plus, je le pense, trop d’efforts).

Donc bon, quand quelqu’un me suggère qu’il n’y a pas de honte à faire des ménages pour gagner sa croûte, ben non, désolée, si je refuse ce n’est pas par orgueil, c’est parce que ça me demande d’énormes efforts, pour un piètre résultat. Jeune étudiante, je me suis essayée aux jobs d’été, en usine car je n’avais trouvé que ça dans la grande ville où je vivais alors. J’ai travaillé deux fois une semaine, à la chaîne, je suis tombée malade au bout de quelques jours les deux fois (la grippe en plein été ! la vraie, avec 39° de fièvre…) J’en ai culpabilisé pendant des années, maintenant ouf ! je sais enfin, je suis dyspraxique et non pas une flemmarde, une snob, une paresseuse… Quel soulagement ! J’en pleurerais.

L’année dernière, j’ai eu la possibilité de travailler quelques heures chez un éleveur, j’ai dû arrêter au bout d’un mois. Je me crispe tellement sur les outils que j’ai chopé une tendinite à une épaule et une autre au poignet opposé. C’est un autre des problèmes de la dyspraxie : je ne peux pas doser le geste, c’est tout ou rien : si je ne me crispe pas, en ayant conscience que je tiens l’objet, je le lâche. Et puis j’oubliais trop souvent de changer de chaussures en entrant dans la fromagerie, et puis une fois rentrée chez moi je stressais pendant des heures en me demandant ce que j’avais oublié d’important, et puis ensuite il y a eu des changements mineurs dans la procédure que j’avais si laborieusement commencé à intégrer et bref, c’était épuisant pour seulement quelques heures et une poignée d’euros. Mais très instructif pour voir comment je dysfonctionne, et comment ça impacte ma vie quotidienne et mes possibilités professionnelles. Tous comptes faits, mes parents ont peut-être bien fait de m’empêcher de devenir pépiniériste comme je le souhaitais, adolescente, et de me pousser vers un métier plus intellectuel ? Même si maintenant je suis trop diplômée et n’ai jamais pu trouver de métier… 😦

(à suivre…)

Publicités

22 réflexions au sujet de « Dyspraxie et haut potentiel (témoignage 1ère partie) »

  1. Juste : merci, ça fait du bien de ne pas se sentir seule ! ça fait quelques mois que je soupçonne une dyspraxie (je n’ai pas encore engagé les démarches, qui me semblent compliquées quand on est adulte), mais j’ai longtemps cru que j’étais nulle ou idiote, incapable de marcher sans me casser la figure (je suis obligée de regarder par terre, de faire attention à ma démarche…), incapable de faire du vélo ou de conduire, incapable de mettre/débarrasser la table ou de faire le ménage de façon efficace. Ranger me demande un effort monstrueux. Et je commence à me demander si toutes ces tendinites que j’ai depuis plus de dix ans ne seraient pas en relation… Et je ne me verrais pas accepter un emploi de ménage ou d’usine pour la même raison que toi : ça n’a rien à voir avec la honte, c’est juste que je ne suis même pas capable de faire ça… Bref, merci pour cet article^^

    • Ben avec plaisir, et merci de tes deux commentaires enthousiastes.

      Depuis, j’ai eu le diagnostic qui me semble mettre enfin un point final à ma quête, la dernière pièce qui donne au puzzle de mon existence chaotique toute sa cohérence : les troubles du spectre autistique (TSA), Asperger dans mon cas. Je ne sais pas si j’aurai l’énergie de développer mais ce serait intéressant, sans doute. On est vraiment dans un pays de gros nazes, rempli de psy incompétents et criminels. Le CRA de Toulouse, pour ne pas le nommer, en me refusant le diagnostic, m’a poussée vers un désespoir sans nom et sans une amie qui m’a convaincue de passer les tests en libéral, je ne sais pas si je serais encore là pour en parler.

      Bon, moi qui envisageais de fermer ce blog que personne ne lit… 😀

      • De rien, j’étais contente de tomber sur ces articles, ça m’a fait du bien 😀
        En fait, je suspecte aussi vaguement un TSA : j’ai du mal avec les relations sociales, j’ai besoin de solitude et de calme, être avec des gens m’épuise, j’ai du mal à reconnaître les visages, j’ai souvent du mal à voir le second degré, ce qui me fait passer pour une idiote…
        Est-ce que tu sais si la dyspraxie peut causer des tendinites et des contractures musculaires à cause des mauvaises postures et des « efforts » ? (sachant que j’ai déjà des semelles orthopédiques car je marche mal).

  2. Tu as raison de suspecter le SA, avec ce que tu décris (et ne te laisse pas embobiner par les gens qui te diront que c’est à cause de THQI que tu es en décalage et gna gna gna…) Lis tout ce que tu peux sur la question, pour voir si vraiment tu t’y retrouves, essaie éventuellement l’aspi quizz qu’on trouve sur le net, et si tu peux/veux, fais-toi diagnostiquer pour en avoir le coeur net mais alors là aussi, choisir qqun-e de compétent-e est impératif ! Et encore plus difficile que pour la WAIS 😦

    Je ne sais pas si la dyspraxie peut causer des tendinites mais je suppose que oui. J’en ai eu pas mal (en particulier aux épaules) et ce serait logique, comme tu dis : mauvaises postures, crispations, manque de tonus musculaire etc.

    Je pense que mes crispations sont liées au fait que je ne « sens » pas certaines parties de mon corps, sauf à les toucher ou les crisper et c’est très inconfortable, de ne pas sentir où on est, très angoissant. Je ne me suis rendue compte que très récemment qu’en fait, j’ai besoin de mes crispations et que si on me fait des massages, que je trouve très agréables, j’apprécie la sensation de détente tant que je suis allongée mais dès que je me relève, je me sens hyper inconfortable dans cette détente, je ne sais plus où je suis, je ne sens plus où je suis, en fait. Et je ne crois pas aux théories psy àlakon qui vont dire que je suis habituée à mon inconfort etc. Je suis convaincue maintenant que c’est à cause de ces problèmes neurologiques d’incapacité à sentir mon corps (je crois que c’est ce qu’on appelle la proprioception ?) qui génèrent des angoisses, que j’ai vraiment besoin de ces crispations pour être « bien dans ma peau ». C’est sûr que ça bouscule pas mal d’idées reçues, hein !

    • Pour l’Aspi Quizz, je suis laaaaaargement dedans. J’en avais parlé à la psy, mais comme j’ai quand même un minimum de vie sociale et que je fixe les gens… aux oubliettes (mais je pense quand même que je vais potasser un peu le sujet).

      Sinon, j’ai été voir un médecin ce matin, que je ne connaissais pas (exprès). Pour elle, il s’agit effectivement d’un problème de posture, voire un Syndrome de Déficience Posturale (qui est justement un problème de proprioreception). Elle m’a carrément qualifiée d’handicapée^^ Il faut que j’aille voir un posturologue pour confirmer le truc, sachant que c’est fréquent chez les dyspraxiques et les dyslexiques. Si le SDP est confirmé, je crois que ça confirmera indirectement la dyspraxie et la douance… Et sinon c’est rigolo, à chaque fois que je me fais faire un massage, il me faut plusieurs minutes pour « reprendre le contrôle » de mon corps. Je ne sais plus où je suis, j’ai du mal à bouger, impossible de me lever ou de m’habiller…

  3. Bonjour,
    Il faut vraiment ne pas fermer cette publication. Voilà, j’ai été diagnostiquer hp il y a 5 ans. Cette année en galère dans mon emploi, j’ai la chance de rencontrer une psychologue du travail qui suspecte une dyspraxie. Je suis allée faire un bilan chez une psychomotricienne. Pour ma part, j’ai un niveau de master 2. Les études ça a bien marché à part les maths. J’ai surtout beaucoup compensé par le dessin. J’ai pris des cours des l âge de 9 ans et eu un bac art et lettres. Je sais faire du vélo, j ai le permis. Par contre aucun sens de l’orientation. Mon problème dans le travail c’est le côté multitâche et quand j’ai trop de gens autour de moi ou quelqu’un qui surveille toutes mes actions. J’ai des grosses panique et comme je suis hypersensible, c est la cata… Perso, je ne peux pad envouloir à ma famille qui a tout fait et chercher d’où venait mes problèmes en math. En fait, c’est un problème de gauche et de droite. Par exemple, les nombres décimaux, j’ai compris le principe mais je dois toujours réfléchir dans quel sens je pousse la virgule. Même problème pour apprendre l’heure, avec les moins de quart et et quart. J’ai su qu’à 10 ans l’heure…bref, aujourd’hui, je vais me diriger sur un emploi en solo, me recentrer sur moi-même. Eh oui, c’est dur professionnellement. J’ai changé trop souvent de job, jamais eu de cdi car comme je suis hésitante dans les gestes je passe pour une débutante et ça n’inspire pas confiance. Perso, je ne veux pas de carte handicapé. Je suspecte d’autres personnes de ma famille d’êtres dans le même cas. Elle se sont mis à leur compte et personne s’en est rendu compte ( ou du moins elles ne pouvaient s’en vouloir qu’à elle-même). Donc voilà trouver votre voie et exit les employeurs! Courage à tous!

  4. Super ! Merci vous m’avez éclairé là, je soupçonne une dyspraxie, et je me reconnais dans ce que tu écris, malgré que je suis encore ado.
    J’ai été  » diagnostiqué  » HP.
    J’ai appris à 7 ans à m’attacher dans la voiture, à 10 ans à faire mes lacets, je ne sais pas plier les vêtements ( on m’a montrer plusieurs fois la méthode mais j’oublie à chaque fois, et je n’arrive pas à le refaire )
    Quand j’étais au début du collège ( donc 11 voire 12 ans ) je n’arrivai toujours pas à ouvrir les portes avec des clés.
    J’ai pleins d’autres exemples… sans parler de mon écriture …
    Je soupconne une dyspraxie car j’ai une chute en Cube : (  » prénom  » n’arrive pas à se répresenter mentalement les figures quand les contours sont inexistants  » )
    Ou peut on savoir si on est dyspraxique ? Merci.

    • Normalement, un-e bon-ne psy détecte la dyspraxie en analysant les résultats de la WAIS. La chute dans les cubes est typique. Si tu as un gros indice verbal et un bas perceptif et vitesse de traitement, tu peux être sûr-e que tu es dyspraxique. Les éléments que tu donnent me semblent assez évidents.

      • J’ai toute les caractéristiques que tu donnes, mais le problème c’est que j’ai eu une bonne note en Code : 13 . Ducoup je pense que c’est à cause de ma note en Code qui lui fait dire que je suis peut être pas dyspraxique (ce n’est qu’une supposition). Car le reste, Symbole 8, Cubes 11 ( alors que j’ai entendu que la chute en Cubes était normalement dû chez les HP à cause du stress, moi je n’avais aucun stress et j’avais l’impression de me donner à fond )

        Pourtant j’ai toujours écrit mal, j’aurai du redoubler en Grande Section à cause de mon écriture laborieuse, mais ma mère a refuser de me faire passer des test et a voulu que je passe.

      • C’est idiot, cette histoire des cubes foirés à cause du stress. J’étais très détendue pour les cubes et j’ai complètement raté ce test. Par contre, j’étais hyper stressé pour le verbal ou j’ai eu 145…

        Je suis bien certaine que tu es dyspraxique. Si tu peux repasser la WAIS avec un-s psy compétent-e, tu seras fixé.

  5. « Un truc tout bête, dont je ne me suis rendue compte que très récemment, en discutant avec la psychomotricienne : quand je me mets à table, je ne pense jamais à tout le nécessaire. Je pense à l’assiette et aux couverts (quand mon fils est là, c’est lui qui les mets). Mais j’oublie systématiquement tout le reste. La bouteille d’huile dont je me sers pourtant à chaque repas. Ma serviette. Et diverses autres choses que je n’ai pas en tête au moment où j’écris ces lignes. En fait, ce n’est qu’une fois assise, quand j’en ai besoin, que je me rends compte de ce qui manque. À chaque repas. Chaque jour. Donc je me relève, deux, trois fois minimum. Et ça dure depuis des décennies, et ça durera jusqu’à la fin de mes jours, si je ne m’oblige pas à lister le nécessaire avant de m’asseoir… Nouveau travail en cours… »

    Six ans plus tard… J’oublie toujours systématiquement plusieurs choses à chaque repas, y compris souvent la fourchette, maintenant que mon fils n’est plus là pour mettre le couvert. Bon, ben c’est comme ça, je me lève plusieurs fois à chaque repas, avant même de commencer à manger, et puis c’est tout.

    N’empêche, cet été j’ai fait du camping et c’était horrible. J’avais l’impression de faire un one-woman-show comique, avec mes allées et venues 😦

  6. Salut l’Alouette! 😉
    Dis-moi, j’avais laissé un post suite à ton commentaire sur le blog de Cécile, concernant des tests pour l’autisme asperger, et ensuite je n’ai plus jamais retrouvé ton post , ni le mien, as-tu des nouvelles? On dit souvent que les surdoués peuvent presenter des signes autistiques, comment faire la part des choses quand on obtient un score élevé aux tests dont tu parlais?
    Voili voilou, en tout cas, tu m’as l’air d’avoir trouvé un chouette de nid, trop de la chance :))
    Nathalie.

    • Salut ! Ça faisait longtemps 🙂
      J’ai fini par passer les tests parce que c’était évident pour moi que j’étais bel et bien autiste. C’est pas évident du tout quand on est femme et surdouée parce que l’autisme décrit est celui des hommes et on commence à comprendre que celui des femmes s’exprime différemment, et parce que nous mettons toutes nos compétences de surdouées au service de notre camouflage et de notre suradaptation.
      Mais ça y est, je suis enfin estampillée, càd que j’ai les bonnes étiquettes et pas l’étiquette « normale, circulez y’a rien à voir » dont on nous affuble toutes et tous à la naissance. Et j’ai enfin cessé ma quête, comme quoi je ne courais pas après une chimère.
      J’ai donc une RQTH et une AAH et je peux vivre ma vie, chichement mais épanouie. Surtout dans mon nouveau lieu de vie qui est paradisiaque pour moi 😀
      Et toi, que deviens-tu ?

      • Oulala! Toujours méchamment engluée dans mon hlm ( j’ai passé l’hiver au commissariat, main courante sur main courante, ça a été d’une violence 😦 ) et toujours incapable de trouver la solution pour partir.
        Ou le declic.
        Ou l’aide.
        Et je ne sais pas si tout ça est la cause de mon repli très typé autiste, ou l’origine.
        Comme un de tes lecteurs ici, je fixe facilement les gens, je les reconnais aisément, mais je ne suis pas sur de reconnaitre les visages, en fait. Et je sais que je me suis entrainée à fixer ( et d’ailleurs je le fais souvent de façon derangeante, je m’en rends compte) parce qu’on peut lire partout dans les manuels comportementals que fuir le regard est un defaut.
        Hier matin, sur mon stand, une cliente que je connais depuis longtemps est venue chercher sa commande, et je ne l’ai pas reconnue, la honte! D’habitude, elle vient avec son mari, et lui est plus marqué dans sa façon d’etre, J’ai l’impression de reconnaitre surtout ça, une façon d’etre, de bouger, comme quand j’etais plus jeune et que je refusais de porter mes lunettes malgré une myopie très prononcée; en fait, je m’étais adaptée, et étais capable de reconnaitre quelqu’un à 20 mètres, juste dans sa façon de bouger, dans les couleurs de ses vetements.
        Et je sais que mon ancien medecin traitant m’a déjà testé, sans me le dire, en se levant au milieu d’une conversation, pour voir si je captais l’implicite de sa volonté de mettre cours à notre entretien ( ça fait parano dit comme ça, mais un ensemble d’indice me fait penser qu’il s’interrogeait sur cette possibilité).Heu…. Dis, Docteur, ça fait longtemps que j’ai appris les bases,quand meme, c’est pas trop compliqué!! mais j’avoue que je ne comprends pas toujours pourquoi ils font ça, hahaha!
        Contente que tu ais pu enfin trouver un équilibre , ça doit faire du bien 🙂

    • Et si tu essayais de vérifier si tu es vraiment autiste ? Ça te simplifierait la vie financièrement et ça te libérerait d’un tas de questions. Et peut-être que ça te donnerait le punch pour quitter ton hlm ?
      Je sais à quel point c’est difficile mais c’est tellement libérateur ! Je revis littéralement depuis que j’ai quitté ce foutu Lauragais, son vent qui rend fou, la chaleur, le monde, l’autoroute et la menuiserie d’en face et j’en passe.

      • À mon avis, tu l’es, parce qu’on s’entendait bien et je suis incapable de m’entendre avec des NT. C’est juste pas la même espèce que moi. Pas le même langage, pas le même fonctionnement, pas les mêmes valeurs, rien.
        Te faut trouver un CRA vraiment compétent ou une psy qui le soit vraiment. Sincèrement, ça vaut la peine.

        Viens ici ! Je suis sûre que tu t’y plairais, c’est plein de gens zarbi et gentils.

    • Pour les entretiens ou conversations , là aussi, est-ce un trouble autistique, ou plus simplement la peur de blesser l’autre si je coupe court, et du coup j’ai du mal à comprendre que l’on me fasse la meme chose!? Je ne sais pas. En tout cas, de mon coté , je souffre beaucoup lorsque je subis une  » conversation »; je ne suis à l’aise que dans les échanges hyper-dynamiques. La , difficile de caser un implicite, tout va très vite, j’adore.
      Bon, bloque moi, sinon je vais inonder ton blog de mes posts!!! 😉

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s